The Project Gutenberg EBook of Le Japon en 1866, by Charles de Montblanc

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Title: Le Japon en 1866

Author: Charles de Montblanc

Release Date: May 7, 2008 [EBook #25364]

Language: French

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Le Japon en 1866

PAR

Le Comte Charles de MONTBLANC

(Article extrait de l'ANNUAIRE ENCYCLOPDIQUE publi par les Directeurs
de l'_Encyclopdie du XIXe Sicle_).

PARIS

1866


----


JAPON. -- Ce pays mrite une attention srieuse. Les lments de
puissance vritable qu'il renferme et les avantages qu'il offre 
l'Occident, au point de vue des relations commerciales, donnent  la
question japonaise un intrt considrable. Par le spectacle que nous
prsente cette contre de l'extrme Orient, le caractre de ses
habitants, la direction particulire du courant qui matrise aujourd'hui
la majorit des esprits et la nature des obstacles qui sont opposs  ce
courant, nous pouvons juger la porte des vnements qui se passent au
Japon; nous acquerrons alors cette conviction: c'est qu'il dpend de
l'Europe de grandir en de vastes proportions l'avantage rciproque de
ses relations japonaises.

Toutes les nations europennes ont au Japon un intrt commun qui se
trouve d'accord avec l'intrt japonais. La Russie seule, agissant en
cela comme une puissance asiatique, spare son action et cherche  se
crer une mer intrieure  l'orient de son empire. De l'le Saghalien
elle marche sur Jesso pour pier de l toute fausse dmarche de la part
de l'Europe vis--vis du Japon. Elle sait que seule elle pourrait
profiter de l'injustice; mais le rsultat, quel qu'il soit, dpend
encore de l'Europe, et cette suprme influence rsulte de ce seul fait:
c'est que le Japon est dispos  donner toutes satisfactions  l'Europe
dans la poursuite _lgale_ de ses lgitimes intrts, qui sont aux mains
de la civilisation japonaise. La majorit des Japonais dsirent, en
effet, possder les conqutes de notre civilisation. Le fait n'est pas
nouveau: en isolant les actes momentans de fanatisme excits par des
hostilits intrieures ou provoqus par notre attitude blessante en bien
des circonstances, l'histoire du pass, d'accord avec l'observation
actuelle, nous montre les Japonais rellement intelligents et
bienveillants. Aujourd'hui, comme au XVIe sicle, leur intelligence
pntrante les entrane vers le mouvement civilisateur de l'Occident;
mais, aujourd'hui comme alors, ils ont l'intention bien arrte de se
dfendre contre d'injustes prtentions. A la suite de la premire
apparition des Portugais chez eux, en 1543, on les vit pris d'une
vritable fivre de progrs. Les mmoires du temps parlent de la
bienveillance des diffrents _rois_ du pays qui recevaient les trangers,
les interrogeaient et profitaient de toute ide tendant au dveloppement
matriel ou moral. En peu de temps le christianisme fit des proslytes
nombreux, au milieu d'un enthousiasme sincre et rflchi, ce qui nulle
autre part, dans l'extrme Orient, ne s'est montr. Ces succs
trs-lgitimes inspirrent aux Europens d'injustes prtentions: c'tait
appeler la raction et elle ne tarda pas  se manifester. Le Japon
rentra, en 1638, dans une politique d'isolement complet, aprs avoir
violemment arrach de son sein tout vestige tranger.

Dans cet pisode de l'histoire de nos relations avec l'empire japonais,
ce qu'il y avait d'utile et de lgitime, de dsirable pour les deux
peuples, se trouva momentanment condamn avec l'injustice de nos
procds; mais avouons, enfin, que si nos pres ont eu  subir alors ce
dchanement de toutes les violences, ils ne pouvaient s'en prendre qu'
eux-mmes et aux abus de toute espce dont ils s'taient rendus
coupables. Ce souvenir d'histoire ancienne n'est pas inutile, quoique
plusieurs termes soient changs dans le problme tel qu'il est
maintenant pos; il est bon que toute exprience puisse profiter. Notre
intrt ne peut donc tre satisfait entirement que par la justice,
s'clairant d'une connaissance exacte des dsirs, des besoins et des
tendances du peuple japonais. Respecter ce qui est, en familiarisant nos
allis aux principes de notre civilisation, est pour nous un moyen plus
sr de faire tomber tout ce que condamne cette civilisation, que de
s'lever, arms de la force brutale, contre un ordre encore respect. Le
systme de violence aurait, de plus, l'inconvnient de crer, s'il
pouvait russir, un difice factice et sans avenir, tandis que nos
intrts bien entendus exigent la marche d'un progrs normal, provoqu
par notre simple contact, mais rgl par l'autonomie japonaise dont
l'indpendance peut seule assurer le dveloppement progressif.

Aprs ces considrations gnrales, dont on ne mconnatra pas
l'importance, nous avons  nous occuper des vnements remarquables qui
se sont accomplis au Japon depuis la publication de notre dernier
volume. Le plus remarquable est, sans contredit, le succs (24 novembre
1865) de la dmarche faite auprs du Mikado, pour obtenir son
consentement  l'ouverture d'Osacca, stipule dans les traits conclus
par le Takoune. Ce fait est un triomphe pour la diplomatie europenne,
qui, par l, commence  sortir de la voie troite et fausse o elle
s'tait engage pour entrer,  l'gard du Japon, dans la situation
vraie, dans l'ordre lgal qu'elle avait trop longtemps ignor ou
mconnu. Jusqu'alors, les gouvernements trangers n'avaient voulu
reconnatre que la seule autorit du Takoune; ils tendaient mme cette
autorit reconnue souveraine sur le Japon tout entier. Si cette
disposition avait pu faire disparatre ou soumettre le reste de la
nation, c'et t peut-tre simplifier la question; mais comme les
autres chefs s'obstinent  rester ce qu'ils sont, il faut bien en tenir
compte. Le Takoune est certainement un grand prince; mais nous placer
exclusivement vis--vis de lui, dans ses tats,  l'exclusion des autres
tats et des autres princes japonais, c'est former un parti dans ce
pays, c'est dconsidrer le prince qui accepte cet ordre de choses,
c'est crer, sans ncessit aucune, toutes les complications possibles
pour nous, pour le peuple auquel nous nous adressons, et pour notre
premier alli que nous voulons grandir.

L se trouve la source de toutes les contrarits que nous avons subies,
des crimes dont quelques trangers ont t les victimes, de la froideur
des relations superficielles que nous rencontrons chez un peuple
naturellement dou d'une extrme politesse, et de plus entran,
aujourd'hui comme au XVIe sicle, par d'ardentes sympathies pour les
nations occidentales. Nous jetons sur le Takoune, vis--vis de ses
pairs, la couleur d'hostilit que nous donne notre position exclusive
dans le pays, et son pouvoir en a srieusement souffert. Il est
chansonn, mme dans ses tats, dans les tablissements publics, dans
les maisons de th, o se rencontrent cependant des surveillants de
police. La dernire chanson en vogue est intitule: _la Vieille
Chaussure_. Il y est dit que, lorsqu'une chaussure (les chaussures sont
au Japon d'une lgret qui ne permet pas le raccommodage) est use, si
on la raccommode dans son ct le plus mauvais, il faut successivement
rparer chaque endroit pour revenir aussitt  la premire rparation.
Le plus simple est alors d'en choisir une neuve. Cette chanson a pour
refrain une allusion  la famille takounale.

Ce symptme est grave dans un pays o la police n'aurait jamais tolr
un semblable fait, si tout le monde n'tait coupable de la mme
disposition d'esprit. A Kioto, dernirement, un assassinat se commet sur
un officier du Takoune; son cadavre est attach  un poteau, sous une
inscription portant dfense  tout sujet du Takoune de le dtacher
avant dix jours. Pendant tout ce temps, le corps resta ainsi expos,
dans une ville o la police est faite par l'administration takounale.
Ces excs sont blms par tous les pairs du Takoune, qui s'efforcent de
le soutenir dans sa position _lgale_, tout en constatant entre eux la
fausset des opinions que puisent les trangers dans leurs rapports
exclusifs avec lui. C'est ainsi que, en assemble solennelle  Kioto,
rsidence du Mikado, cette ville fut dclare capitale du Japon, en
contradiction avec l'opinion trangre  l'gard de Ydo, qui n'est que
la capitale des tats du Takoune. La position spciale de ce prince,
comme mandataire du gouvernement central, lorsqu'il runit, et seulement
alors, le double assentiment du Mikado et de la Chambre fodale, fut
aussi, dans ces derniers temps, l'objet d'une dclaration ncessite par
l'action du Takoune, qui, vis--vis des trangers, semble oublier qu'il
est mandataire et rvocable.

Comme prince, le Takoune actuel est l'hritier d'une famille qui, vers
le commencement du XVIIe sicle, rangea sous son autorit directe les
territoires dont l'ensemble devait former l'apanage du gouvernement
central. Cette usurpation, sanctionne par le temps, fait du Takoune,
comme prince, l'gal des grands Damios Kokshis; mais elle a laiss
subsister l'autorit du Mikado, comme chef de la Confdration
japonaise. Tous les princes suzerains ont intrt  maintenir cette
autorit entre les mains du Mikado, qui, n'ayant de puissance que par
l'assentiment commun, est une barrire que ne peut franchir le Takoune,
mandataire du gouvernement central. Comme Takoune, il peut tre
dsavou, tandis que les autres Damios suzerains, agissant
souverainement dans leur sphre particulire, dans leurs tats, sans
prtention d'autorit sur les autres membres suzerains de la
Confdration, n'ont rien  craindre de semblable. Ces faits n'tant pas
encore de notorit publique, il est bon de remarquer que l'_Annuaire
scientifique_ de 1866, qui mentionne avec bienveillance le discours sur
l'tat actuel du Japon, prononc, le 15 dcembre dernier par l'auteur de
ces lignes,  la sance gnrale de la Socit de Gographie, n'a pas
reproduit la pense qui se dgageait des faits signals par ce discours
pour ragir contre des opinions errones. Nous rpterons donc ici que
le Japon est une Confdration d'tats souverains et non un empire
homogne; le chef temporel aussi bien que spirituel de cette
Confdration est le Mikado, ou mieux, _Tneshi_ ou _Dari_, qu'on
mconnatrait en l'appelant pontife et empereur spirituel; le Takoune,
seigneur sur son territoire et mandataire de quatrime rang dans
l'action gnrale, n'est pas un empereur temporel; les Damios Kokshis
et Toudamas sont des souverains chez eux, et non des feudataires placs
sous la suzerainet du Takoune; enfin, les dispositions gnrales de la
nation japonaise sont favorables et non pas hostiles aux trangers.

Cet tat de choses une fois connu, la question se simplifie pour les
gouvernants europens, qui voient ds lors dans quel sens il faut agir
et quelle ligne de conduite il faut suivre. Nous sommes entrs dans
cette voie normale en sollicitant la ratification par le Mikado des
traits conclus avec le Takoune. A cette occasion, l'ordre lgal fut
soutenu par les grands Damios suzerains, qui pressrent le Mikado
d'accorder l'inscription de ces traits dans le livre des Volonts
suprmes. Grce  cette intervention, le Takoune, repouss par un
refus du Mikado, et dcourag au point de vouloir offrir une dmission
qui l'et ruin, put voir s'aplanir autour de lui des difficults si
prilleuses. L'Europe n'a qu' poursuivre la logique de cette dernire
dmarche pour obtenir au Japon tous les triomphes lgitimes, pour sortir
d'une position fcheuse et se rpandre dans le Japon tout entier. Nous
avons  agir de manire  prouver aux Japonais que nous ne venons pas
chez eux dans un but de conqutes ou d'immixtions injustes. Comme le
rle que nous avons fait prendre au Takoune, ds le dbut de la
question, rendrait son intervention suspecte, nous ne pouvons utilement
recourir  lui comme intermdiaire. Par contre, il serait fort compliqu
d'aller faire des traits avec chacun des princes souverains de la
Confdration japonaise. Un dtour tant cependant prfrable 
l'absence de route, cette complication ne serait pas un motif
intelligent d'inaction; mais nous pouvons grandement simplifier la
question en commenant notre action directe avec assez de discernement
pour faire adopter ensuite  la Chambre fodale une dcision en faveur
de la libre admission des trangers  traiter, circuler, commercer et
travailler au Japon. Tous prenant part  cette dcision, elle serait
souveraine vis--vis de tous. Ce rsultat sera en proportion directe de
la vrit de notre premire action. Il nous est impossible aujourd'hui
de rester dans la position que nous occupons au Japon. L'action est donc
ncessaire, et la responsabilit de ses consquences psera sur
l'Europe, car l'Europe a le choix de l'action  produire. Dans ce choix
l'hsitation n'est pas possible: il faut nous prononcer pour la
lgalit, ce qui est dans notre intrt et dans l'intrt du Japon, ou
pour l'injustice et la violence, en mconnaissant nos intrts et ceux
du peuple japonais. La ncessit de cette dcision ne rsulte pas
seulement de l'ordre lgal au Japon, mais encore de l'attitude des
partis.

Les Hollandais, parqus sur une presqu'le factice, avaient seuls
survcu  la catastrophe sanglante de 1638. Ce poste d'observation
faisait partie des domaines soumis  l'administration du Takoune. Les
Hollandais n'avaient donc de rapports qu'avec ce gouvernement, et
vis--vis d'eux toute autorit se rsumait dans l'autorit takounale.
Dans ces circonstances, parurent, comme avant-garde des nations
trangres dans leur mouvement  l'gard du Japon, les Amricains, qui,
ne connaissant pas les conditions politiques du pays, cherchrent les
rgles de leur conduite dans les relations des Hollandais avec le
Takoune. Deux cents ans s'taient passs dans un isolement presque
absolu; il ne restait des Europens que le souvenir des complications
apportes dans une poque lointaine de troubles intrieurs, par leur
prsence, l'influence de leurs doctrines et leur ardeur  s'enrichir.
Les trangers prsentaient donc, pour les pouvoirs tablis, un pril
commun en dehors de tout parti. Ils ne s'taient rallis  aucun et
s'taient insurgs contre tous. Leur prsence tait en suspicion comme
dissolvant de l'autonomie nationale. Aussi, ds l'origine, lorsque la
question occidentale fut de nouveau pose au Japon, nous voyons les
hsitations d'un peuple qui, depuis 1638, se complaisait dans son
isolement. L'attention ne fut pas vainement provoque. La prudence et la
curiosit plaidrent en faveur de l'tranger.

Cependant, au dbut de la question, un parti s'leva pour combattre
toute innovation et rappeler les Japonais au respect du pass. Ce parti
tait peu nombreux, mais il avait  sa tte un membre puissant de la
famille takounale, le Gosank Mito-dono, dont les violences ne purent
empcher l'admission des trangers, en 1854, sur le territoire du prince
auquel on s'tait adress. Auprs du Mikado et des Damios suzerains, le
Takoune se justifia en invoquant la pression des circonstances. C'tait
lui qui tait menac par les trangers; il les recevait, non par amour
ou par dsir de servir leurs intrts, mais par l'obligation de
reconnatre leur puissance et de tenir compte des canons qui garnissent
leurs vaisseaux. Cette admission veilla des penses tout  fait
nouvelles. Les Japonais furent frapps du progrs de l'Occident dans les
sciences, l'industrie, l'organisation militaire, la puissance de la
navigation  vapeur. En face de ce dveloppement suprieur d'une
civilisation scientifique, industrielle et commerciale, ce peuple, trop
actif et trop intelligent pour se contenter d'une admiration platonique
voulut savoir les mmes secrets, voulut possder les mmes forces, et,
sans tarder, se mit au travail. Alors se manifesta dans tout le pays un
mouvement inconnu. La curiosit scientifique, le travail industriel et
le gnie militaire cherchrent des guides nouveaux auprs de l'tranger.
La Hollande profita de ses anciennes relations pour se rapprocher
davantage. Un rapport intressant du ministre des colonies des Pays-Bas,
en date du 12 fvrier 1855, et insr dans les _Annales du commerce
extrieur_, constate ce mouvement et le rle qu'y prenait la Hollande.
Elle se fit institutrice des officiers, fonctionnaires, mcaniciens et
marins japonais dans l'tude de la construction navale, des arts
mcaniques, du maniement du fusil et du canon, du travail des forges et
des diffrents autres travaux. Elle tablit pour le Japon des cours de
sciences. Dans toutes ces tudes, les Japonais se faisaient remarquer
par leur intelligence, leur facilit  comprendre et leur ardente
curiosit. Ce cordial rapprochement ne dura gure qu'un an. Il se calma
au milieu de nouvelles proccupations et finit par se confondre dans des
rapports plus rservs avec les trangers en gnral. Ce fut alors que
se manifesta une phase nouvelle dans laquelle s'affirmrent des intrts
opposs parmi les grands pouvoirs du Japon.

La cour de Ydo prvoyait le parti qu'elle pouvait tirer du nouvel
lment qui s'imposait  elle. S'en rendre matresse, en conservant aux
trangers leur ignorance de l'tat social du Japon, c'tait possder
peut-tre une source de puissance pour elle et d'affaiblissement graduel
pour ses rivaux en fodalit. Traite en souveraine par les trangers,
elle en conservait le rle  leurs yeux et tentait de le prendre
vis--vis des Japonais eux-mmes, dans leurs rapports avec les hommes de
l'Occident. Les ports ouverts faisant partie du domaine gouvern par le
Takoune, semblaient poser la question trangre comme un monopole
takounal. Les seigneurs suzerains comprirent les esprances de Ydo et
l'illgalit de la position que prenait le Takoune. Quelques-uns, dj
prvenus contre les Europens, s'affirmrent plus nettement dans une
politique de rsistance contre le Takoune, aussi bien que contre les
trangers. Le plus grand nombre et les plus puissants d'entre les autres
condamnrent seulement l'action illgale du Takoune et reconnurent les
avantages de l'alliance trangre. Ils affirmrent l'utilit de cette
alliance pour le Japon,  la condition de ne pas se courber sous les
prtentions voiles d'un prince qu'ils savent devoir tomber sous sa
propre faiblesse le jour o ses prtentions devraient tre dvoiles. Le
Japon fut ainsi divis en trois camps: d'un ct la soumission aux
circonstances avec la conscience d'une faiblesse propre, et une vague
esprance des profits  retirer de l'tranger; c'est le parti de
Takoune. D'un autre ct, des sympathies franches pour la civilisation
occidentale, un sentiment de puissance et la volont d'action lgale
dans les amliorations  introduire; c'est le parti des grands Damios.
En troisime lieu, la vieille constitution et la routine en hostilit
avec tout esprit d'innovation; c'est le parti de la passion dans un camp
qui, sans force et sans avenir, tend  disparatre, et ne reprsente
qu'une nuance du parti takounal.

Jusqu' prsent, les grands Damios ne se sont pas spars du Takoune,
qu'ils esprent voir rentrer dans la voie lgale, et le Mikado subit
leur pression commune. Le jour o les trangers, par une politique
passionne et dcidment exclusive en faveur du Takoune, dcideraient
cette sparation, le Mikado n'aurait qu' se ranger du ct des grands
Damios. La nature de son pouvoir ne lui permet pas une autre dcision.
Les vnements, arrivs  ce point, contraindraient aussi le Takoune 
rentrer dans la lgalit, et les trangers, dfenseurs quand mme de ce
prince, se trouveraient alors ne plus rien dfendre au Japon, si ce
n'est d'injustes prtentions personnelles en violation des droits les
plus sacrs d'une nation digne de vivre dans le concert harmonique d'une
civilisation base sur le droit, l'intelligence et la libert.

    Comte DE MONTBLANC.






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Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
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Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
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1.F.4.  Except for the limited right of replacement or refund set forth
in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
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WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
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If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
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with this agreement, and any volunteers associated with the production,
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or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


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