The Project Gutenberg EBook of L'Illustration, Samedi 1er Aot 1914, 72e
Anne, No 3727, by Various

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Title: L'Illustration, Samedi 1er Aot 1914, 72e Anne, No 3727

Author: Various

Release Date: December 31, 2004 [EBook #14538]

Language: French

Character set encoding: ISO-8859-1

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L'ILLUSTRATION

_Prix du Numro: Un Franc_.

SAMEDI 1er AOT 1914

_72e Anne.--No 3727._

[NOTE DU TRANSCRIPTEUR: Comme son nom l'indique, ce priodique est
abondamment illustr. Pour en faciliter la lecture en format texte,
les articles qui sont en trois colonnes dans l'original, avec renvois
occasionnels  une autre page, ont t rassembls en une seule colonne.
Pour fin de rfrence, la liste des illustrations et le texte de leur
lgende ont t report  la fin du document.]




LA NOTE VERBALE DE L'ALLEMAGNE

_Voir l'article  la page suivante._




UNE CRISE EUROPENNE


LA GUERRE DE L'AUTRICHE CONTRE LA SERBIE

La tension qui s'tait manifeste, depuis le drame de Sarajevo, dans les
rapports entre l'Autriche-Hongrie et la Serbie a pris soudainement un
caractre d'acuit inattendu, pour aboutir en quelques heures  une
rupture des relations diplomatiques d'abord, puis  une dclaration de
guerre. Jamais, depuis quarante ans au moins, la paix de l'Europe tout
entire n'avait couru un pril pareil.

Nous avons enregistr ici l'cho des dmonstrations hostiles  la Serbie
que l'assassinat de l'archiduc Franois-Ferdinand et de sa femme avait
provoques en Autriche-Hongrie, o, ds le premier moment, l'opinion
avait nettement fait remonter jusqu'au gouvernement de Belgrade,
accus de favoriser plus ou moins ouvertement la propagande serbe
en Bosnie-Herzgovine, la responsabilit de ce double crime. Rien,
pourtant, ne pouvait faire prvoir les brutales consquences de cet tat
d'esprit, justifi ou non.

Le 23 juillet,  6 heures du soir, le ministre d'Autriche-Hongrie 
Belgrade, le baron Giesl, remettait au ministre intrimaire des Affaires
trangres du roi Pierre, M. Patchou, une note comminatoire, vritable
ultimatum, dont le ton seul provoqua dans les chancelleries une
stupfaction profonde. Aux termes de cette note, l'Autriche exigeait de
la Serbie, en substance:

1 La publication, au _Journal officiel_, d'une dclaration du
gouvernement royal condamnant la propagande contre l'Autriche-Hongrie,
exprimant le regret que des officiers et des fonctionnaires aient pris
part  cette propagande, rprouvant toute tentative d'immixtion dans les
destines des populations de quelque partie de l'Autriche-Hongrie que
ce soit, et menaant de svir contre quiconque irait  l'encontre des
volonts ainsi manifestes: cette dclaration devait tre porte 
la connaissance de l'arme par un ordre du roi, insr au bulletin
militaire officiel;

2 L'engagement de rprimer toute action dirige contre
l'Autriche-Hongrie, et d'abord de supprimer les publications excitant
au mpris ou  la haine de la double monarchie, et de dissoudre
l'association nationaliste, dite _Narodna Obrana_, puis de rvoquer les
officiers et fonctionnaires coupables, dans le pass ou dans l'avenir,
de s'tre livrs  des manifestations anti-autrichiennes;

3 L'engagement d'ouvrir une enqute judiciaire contre les auteurs ou
les partisans du complot du 28 juin (les meurtres de Sarajevo).

Enfin, le gouvernement imprial et royal se rservait de fournir
lui-mme les noms des coupables  frapper et exigeait la prsence dans
la commission d'enqute judiciaire sur le complot d'un certain nombre de
ses fonctionnaires.

Il laissait au gouvernement serbe quarante-huit heures pour se
dterminer,--jusqu'au samedi 25,  6 heures du soir.

Ce fut un coup de foudre, d'autant plus inquitant qu'il se produisait
au milieu d'un concours de circonstances tel, que tout tait pour faire
croire  un coup savamment prpar: le prsident de la Rpublique, 
l'heure o cet ultimatum fut rendu public, venait de quitter le tsar et
n'en eut connaissance qu'en pleine mer. De plus, une grve importante,
et de nature  paralyser une mobilisation ventuelle, svissait en
Russie. Enfin, on venait d'apprendre l'chec du suprme effort tent 
Londres pour rsoudre sans troubles la question de l'Ulster.

La Serbie montra en l'occurrence toute la sagesse qu'on pouvait attendre
d'elle. Elle accepta, avec la plus louable abngation, toutes les
exigences formules dans la note, ne faisant de rserves que sur
deux points: elle demandait qu'on lui prouvt la culpabilit des
fonctionnaires et officiers qu'on voulait l'obliger  sacrifier; elle
souhaitait aussi des explications sur la faon dont les fonctionnaires
de l'Autriche prendraient part  l'enqute qu'elle se dclarait prte 
ouvrir.

Ainsi, ayant remis sa rponse dans les dlais  lui impartis, le
gouvernement serbe pouvait esprer avoir vit la querelle de loup qu'on
lui cherchait Quelle erreur tait la sienne!

M. Pachitch, prsident du Conseil, qui avait port la note officielle
au baron Giesl, tait rentr  peine  son ministre, qu'il recevait du
reprsentant de l'Autriche-Hongrie l'avis crit que cette note, mise
en regard des instructions qu'avait reues ce diplomate, ne le pouvait
satisfaire; qu'en consquence, se conformant aux ordres de son
gouvernement, il quittait Belgrade avec tout le personnel de la
lgation.

L'Europe entire demeura stupfaite.

La note si brutale du cabinet de Vienne avait t communique,
conformment aux usages,  toutes les chancelleries. Le vendredi matin,
24, le comte Szecsen de Temerin, ambassadeur d'Autriche-Hongrie, l'avait
remise  M. Bienvenu-Martin, charg, en l'absence de M. Viviani, qui
accompagnait en Russie le chef de l'tat, de l'intrim du ministre
des Affaires trangres. La diplomatie, fort mue de la grave crise si
inopinment ouverte, s'tait aussitt proccupe d'y faire face.

La premire question qu'elle se posa fut de savoir quelle allait
tre l'attitude de la Russie, protectrice des peuples slaves et plus
particulirement bienveillante  la Serbie.

La grande nation amie ne faillit pas  son devoir tutlaire. Dans
l'esprance qu'un peu de temps gagn permettrait peut-tre une
intervention collective des puissances, elle demandait tout d'abord au
gouvernement imprial et royal de prolonger de deux jours le dlai qu'il
avait donn  la Serbie pour rpondre  sa note. Vaine tentative, on
l'a vu: la rsolution agressive de l'Autriche frappait d'avance
d'impuissance toute dmarche amicale.

Une seule influence, videmment, pouvait tre efficace: celle de
l'Allemagne.

Mais, ds le dbut du conflit, le gouvernement germanique avait pris
une attitude qui ne permettait gure de compter, de sa part, sur une
intervention modratrice.

Le 21 juillet, en effet, M. de Schoen, ambassadeur allemand  Paris, se
prsentait au quai d'Orsay et donnait lecture au ministre intrimaire
des Affaires trangres, en prsence de M. Philippe Berthelot, directeur
des affaires politiques, d'une note fort ambigu, dont les explications
ultrieures n'ont pas franchement tabli le caractre. Il y tait
indiqu que le dbat devait rester localis entre Vienne et Belgrade et
ne pas devenir une question d'alliances; que, s'il en tait autrement,
on pourrait redouter les consquences les plus graves.

Ces consquences, on les voit clairement. Si, dans le cas d'hostilits,
la Russie intervenait, l'Allemagne apportait son appui  son allie,--et
la France, l'Angleterre, l'Italie, se trouvaient entranes dans la plus
effroyable des guerres: Triple-Entente contre Triple-Alliance.

Cependant, le lendemain, on venait nous affirmer, de Berlin, dans un
communiqu officieux, qu'il n'y avait pas eu accord pralable entre
l'Autriche et l'Allemagne et que celle-ci n'avait connu la note de son
allie que par sa publication.

Dans ces conjonctures inquitantes, aucun des gouvernements--rserve
faite, peut-tre, pour le gouvernement autrichien--n'avait perdu son
sang-froid. Chacun d'eux se bornait  prendre des mesures de scurit et
de conservation.

D'abord, le gouvernement serbe-- la tte duquel est, depuis quelques
semaines, le prince hritier, le roi Pierre, fatigu, ayant d se
rsigner  prendre quelque repos--le gouvernement serbe, abandonnant
Belgrade, indfendable, se retirait, ds lundi,  Nisch, d'o il
mobilisait l'arme nationale.

Ses amis, ses allis des rcentes guerres,  peine remis des rudes
saignes qu'ils ont subies, l'hroque petit Montenegro, la Grce,
se rangeaient sans l'ombre d'une hsitation  ses cts. La Roumanie
affirmait sa volont de voir, respecter le trait de Bucarest. L'Italie,
l'Allemagne prenaient aussi leurs prcautions.

Mais les puissances de la Triple-Entente ne demeuraient point en reste.
La Russie, trs calme, trs matresse d'elle-mme, aprs avoir donn 
la Serbie les meilleurs conseils, la Russie, o les grves s'taient
teintes au souffle froid venu de l'Occident, o la foule s'exaltait
pour la lutte, s'apprtait  mobiliser quatre arrondissements
militaires, soit quatorze corps d'arme. L'Angleterre, dont la flotte,
toute sur pied de guerre, venait prcisment d'tre passe en revue par
le roi George, la maintenait mobilise,--et, aprs avoir prconis sans
fruit la runion d'une confrence internationale, affirmait d'un mot sa
solidarit complte avec les deux nations amies.

Chez nous, nulle motion inquitante,--car il faut ddaigner dans
nos comptes quelques vagues remous de l'cume des faubourgs. De la
confiance, de l'espoir, une magnifique srnit, le plus parfait tat
d'esprit qu'on pt souhaiter.

Comme nous le disons d'autre part, M. Raymond Poincar avait dcid,
dans la nuit de dimanche  lundi, de faire route directement vers les
ctes de France, o son retour tait impatiemment attendu. Il arrivait
mercredi matin,  Dunkerque, un peu retard par le brouillard, aprs
avoir presque failli croiser, dans les Belts, l'empereur allemand, sur
son yacht, revenant prcipitamment, lui aussi, de sa croisire dans les
eaux de Norvge. Et l'accueil qui lui fut fait, ces acclamations o son
nom se mlait aux cris de Vive l'alliance!

Vive l'arme! Vive la France! sans qu'une voix discordante s'levt sur
son passage auront assez loquemment exprim au Prsident le sentiment
de Paris, o bat, ardent, le coeur de la Patrie.

Pourtant, la veille, le mardi 28 juillet, le comte Berchtold, au nom
de l'Autriche, avait notifi aux puissances l'tat de guerre avec la
Serbie, et, tout aussitt les hostilits commenaient, entranant comme
consquences, dans les diffrents pays intresss, une srie de mesures
sur lesquelles un secret complet est gard.

Est-ce le dbut du conflit localis dont parlait la note communique
par M. de Schoen au quai d'Orsay, ou faut-il, selon les termes de cette
note, redouter le consquences les plus graves dont elle menaait?
C'est l'nigme de cette heure inquitante.




ADRIEN HBRARD


Adrien Hbrard n'est plus. Si invraisemblable que ce puisse tre, cet
homme prodigieux et charmant a pay son tribut  la loi commune. Cette
flamme s'est teinte. Le directeur du _Temps_ s'en va plein de jours.
Il laisse aprs lui un grand nom, de grands travaux accomplis, l'image
d'une activit joyeuse et, parmi les larmes et les regrets, des
sourires. Il aurait pu se survivre en une oeuvre personnelle, enfermer
dans des livres le parfum de son esprit. Il ne l'a pas voulu. La nature
l'avait combl de toutes les faveurs dont elle dispose, lui avait donn
l'intelligence, la vivacit, la raison intuitive, l'quilibre, la
sagesse, la clairvoyance qui empche d'tre dupe, l'indulgence qui
empche d'tre cruel, et avec cela les grces de la sant. S'asseoir 
ct d'Hbrard devant une table bien servie, le voir dguster de vieux
vins et savourer, tout en devisant, une chre dlicate, c'tait  la
fois un dlice et un rconfort. Au contact de cette philosophie, les
nerfs s'apaisaient. On envisageait sainement les choses, on les ramenait
 leur vritable proportion. On devenait lucide. On arrivait inquiet,
troubl; et l'on partait affermi, ayant repris confiance en soi. Un
entretien avec le patron, c'tait un bain d'optimisme.

Cette autorit singulire, exerce sur tous ceux qui l'approchaient, il
la devait non pas seulement  ses minentes qualits intellectuelles et
 sa force de persuasion, mais encore  une absence totale d'ambition
et de vanit. Alors que tant d'autres,  sa place, eussent t avides
d'honneurs, il ddaignait les rcompenses, les conscrations qu'aurait
justifies l'clat de son mrite. Il ne mettait point d'ostentation
orgueilleuse  s'effacer. Il chrissait l'indpendance. Il hassait la
contrainte. Or il savait que les grandeurs sont des servitudes. Aux
dignits, aux galons, il prfrait le commerce de l'amiti, l'intimit
des entretiens  btons rompus, le plaisir, pour lui sans gal, d'agir
et de parler librement. Songez  ce que pouvait tre sa carrire...
Possdant tous les talents, tous les dons, il les laissait, si j'ose
dire, en jachre. Il crivait comme Renan et n'crivait pas. Des annes
de silence prcdrent et suivirent les pages merveilleuses qu'il lut
un jour aux Jardins, devant l'ombre mue de Gambetta. lu snateur par
amusement, non point par soif du pouvoir, il pronona un discours que
l'admiration de ses collgues qualifia de chef-d'oeuvre. Puis il s'en
tint l, content d'avoir donn sa mesure, retombant le lendemain dans
sa paresse. Il refusa un portefeuille des mains de M. de Freycinet, une
ambassade des mains de M. Grvy. Il ne fit point la cour  l'Acadmie
franaise qui, assurment, ne lui et pas rsist. Mais elle exigeait
des visites. Et les visites, c'est si ennuyeux! Il jouit, en tmoin
attentif, des spectacles du monde. De la fentre de son journal,
il regardait les passants; son oeil fin les observait, sa voix les
exhortait ou les raillait; son ironie les jugeait... Et de cette bouche
malicieuse et gaie jaillissait une mitraille de mots dfinitifs,-- la
Chamfort...


Rappellerai-je les principales tapes de l'existence de ce grand
confrre qui restera notre matre? Il naquit, voil quatre-vingt-un
ans, dans un village du Tarn-et-Garonne. Il conquit ses licences 
l'universit de Toulouse... Jeune avocat, il se voua pendant quelques
annes  la dfense de la veuve, de l'orphelin et du criminel. (Avec
quelle bonhomie piquante et nuance il nous contait ces premires
causes, plus souvent perdues que gagnes!) Un vtran du barreau le
formait, le protgeait, lui infligeait d'utiles preuves, trempait
son loquence en la pliant aux improvisations difficiles. Nous nous
imaginons ce que devait tre en son printemps Adrien Hbrard, allgre,
gamin, soucieux de plaire, entreprenant, charmeur, et dj jetant au
vent, dans d'blouissantes palabres,  la terrasse des cafs, les
miettes de son gnie... Quelques compatriotes devenus Parisiens le
pressaient de venir les rejoindre. Il ne rsista pas  la tentation. Il
quitta le Capitole pour la capitale. Un petit emploi dans la direction
du _Temps_, rcemment fond, lui avait t promis. Ses dbuts furent
modestes. Il tait charg de suivre et de commenter les cours de la
Bourse de commerce. Il essaya de temprer par une pointe d'humour la
svrit de ces matires; une phrase de son article initial a t sauve
de l'oubli; elle visait l'extrme faiblesse des savons:

Les savons sont bas, disait Hbrard; mais ils vont remonter, voici
l't.

Il ne tarda pas  exercer sur ses collaborateurs une influence
prpondrante. Ils avaient besoin de lui, de son initiative, de sa
fertilit d'invention, des ressources que son adresse procurait  la
feuille honnte et pauvre,  l'organe d'opposition, cras sous les
amendes, surveill par la censure du Second Empire. A la mort de
Nefftzer, il en assuma la direction... Ds lors, sa biographie se
confond avec l'histoire du _Temps_. Durant plus d'un demi-sicle l'homme
et le journal sont rests insparables.


Peut-on affirmer qu'ils se ressemblaient? Toute oeuvre voque la
physionomie morale de l'tre qui l'a cre ou qui s'en occupe
assidment. Or la gravit du _Temps_, sa haute tenue, ne paraissaient
gure reflter ce qu'il y avait en Hbrard de prime-sautier, de
fantaisiste... Ne vous y trompez pas. Ne vous fiez pas aux apparences.
Sous ces agrments superficiels se dissimulait une incomparable
solidit. Nul, mieux que le directeur du _Temps_, n'a connu la
politique, vu plus droit et plus clair, donn d'avis plus prophtiques,
plus judicieux. Que de ministres, sans toujours l'avouer, ont eu recours
aux avertissements de ce bon sens, aux scrupules de cette conscience,
aux lumires de cette subtilit! Que de conseils furent secrtement
sollicits et reus dans le cabinet de la rue des Italiens, dans le
salon du boulevard Malesherbes! Le patron, vtu de son ternelle
jaquette noire, coiff du petit melon, ou bien, les jours o il
souffrait d'un bnin accs de goutte--jours propices aux longues
confidences--envelopp d'une douillette de flanelle blanche, tel un bon
pre dominicain, il coutait son interlocuteur, non pas d'un air las ou
morose, mais avec un affable empressement (toutes les manifestations de
la vie l'intressaient, l'amusaient); puis soudain, en quelques phrases
o chantait son accent mridional, il dbrouillait la difficult,
saisissait le joint, indiquait la solution lgante. --Tiens, mon cher
patron, je n'y avais pas pens! Lui, il pensait  tout, veillait
 tout. Il flnait. Du moins on tait tent de le croire. Son
dilettantisme, son exquis bavardage, allaient de bureau en bureau,
s'attardaient sur l'escalier, au seuil de l'imprimerie. Mais rien
n'chappait  ce chef,  ce psychologue,  ce critique. D'un coup d'oeil
infaillible, il pntrait jusqu'au fond, discernait le fort et le faible
de chacun. Ador de son peuple, il se montrait  la fois dbonnaire et
ferme. Je l'aperois encore, dans la brasserie du Grand U qu'un passage
intrieur reliait au cabinet directorial, assis  la table des
rdacteurs, partageant avec eux la morue lyonnaise, les cpes
provenale, la salade de lentilles... Une franche cordialit prsidait
 ces familires agapes. Ainsi, Ulysse,  bord de l'esquif qui
transportait sa fortune, abreuvait et nourrissait fraternellement ses
matelots. Mais qu'une ngligence et t commise, qu'une information
essentielle manqut au journal, aussitt un clair de colre s'allumait
dans l'oeil du matre; deux ou trois traits cinglants dshonoraient le
coupable qui n'obtenait son pardon que le lendemain...

Hbrard poursuivait,  travers les diversions et les menus vagabondages
de sa vie, son ide fixe: l'amlioration du _Temps_. Il rvait de
l'allger, de l'gayer, d'y introduire une note un peu frivole.

Je veux, disait-il avec cet air de se moquer de soi qui tait une de
ses grces, semer quelques feux follets dans mon cimetire...

J'ai assist  cette chasse aux littrateurs gais; j'y ai mme coopr,
charg d'ambassades qui ne furent pas toutes couronnes d'une entire
russite. Parfois certains humoristes clbres redoutaient l'atmosphre
de la glorieuse maison; ils craignaient que leur folie n'y part
inconvenante. videmment ils avaient tort. Mais cette ide les glaait.
Ils prouvaient l'effroi des vaudevillistes qui franchissent, pour la
premire fois, le seuil de la Comdie-Franaise. Hbrard ne renonait
pas. Il recommenait une exprience dont les pripties aiguillonnaient
sa verve pigrammatique. Il n'choua pas toujours. Il russit  fixer
chez lui de brillants crivains qui rendent fort sduisantes la seconde
et la troisime page du journal. Ce constant dsir d'amlioration
aboutit aux agrandissements,  la mtamorphose du _Temps_; Hbrard,
presque octognaire, affronta gaillardement ces responsabilits, ces
fatigues. Devant tant de vaillance, on demeure confondu.

D'ailleurs ce courage n'veillait point l'inquitude ni la
commisration, il s'accompagnait de joie. Notre doyen, rest le plus
jeune de nous tous, tait heureux. Il avait  peu prs tout ce qui
rend tolrable et mme agrable notre bref sjour en ce bas monde: une
sensibilit dlicate, une universelle curiosit... Par sa physionomie,
il appartenait  la fin du dix-huitime sicle. Il semblait que
se prolonget en lui cette priode o l'on connut, avant l'orage
rvolutionnaire, la douceur de vivre. Il gotait la socit des femmes
et, en dpit des ans, leur plaisait.

Quand je dne en ville, me rptait-il souvent, je m'arrange en sorte
que ma voisine soit persuade que je suis amoureux d'elle.

Il adorait les lettres et les apprciait finement, fidle  la culture
classique, hostile aux extravagances du snobisme et de la mode, mais
accessible, quand il les jugeait sincres,  de certaines formes
nouvelles de la beaut. Il saisissait, avec une extraordinaire
promptitude, le ridicule des hommes et des choses; il le fixait dans ces
_mots_ dont un recueil tt ou tard sera form. Voyant qu'un directeur
de thtre quittait le caf sans emmener son commanditaire: Tiens,
s'criait-il, X... vient d'oublier son porte-monnaie. D'un flibre
sympathique et agit, il disait: C'est un hanneton qui se prend pour
une cigale. Ces traits bon enfant, meurtriers  cause de leur justesse,
partaient de lui sans qu'il les chercht. Il tait n spirituel. Il
tait n bienfaisant. Il obligeait ceux qu'il aimait d'une faon
efficace, mais d'une faon discrte; il ne les crasait pas sous le
poids des services publiquement tals. Il voulait que la reconnaissance
ne leur ft pas un fardeau. Il excrait la lourdeur, la brutalit, la
vulgarit... Sa figure subsistera, avec deux ou trois autres, comme le
parfait symbole de l'esprit franais... Pauvre cher grand ami! Il s'est
endormi dans une illusion suprme. Il ne s'est pas vu mourir... La
Providence, par une dernire marque de tendresse, lui a clos les yeux au
moment o de trop laides et trop barbares images les eussent blesss...
Ce vieillard qui fit aimer la vieillesse sera parti, comme il avait
vcu, en respirant les roses de la vie...

Et, demain, il s'en ira vers le bourg de Grisolles qu'il avait un peu
dlaiss depuis sa naissance, mais o il comptait bien revenir. C 'est
l qu'il dsire reposer, dans le petit cimetire,  l'ombre de l'antique
glise, auprs des siens. Il a dfendu que le tumulte de Paris
l'escortt; il a repouss les hommages et les pompes dont il avait pu si
souvent mesurer la banalit. Inclinons-nous devant une simplicit et une
pudeur qui achvent de le peindre. Envoyons, avec l'expression de notre
inconsolable douleur,  son frre Jacques, collaborateur de son oeuvre,
 ses trois fils dpositaires de sa pense, l'adieu qu'il nous et t
doux d'aller lui porter nous-mmes.

ADOLPHE BRISSON.




Le _Temps_ de mercredi soir, aprs avoir voqu, dans un article
d'adieux empreint d'une motion profonde, l'admirable carrire du
matre journaliste que fut Adrien Hbrard, y ajoute de brves notes
biographiques et quelques dtails trs sobres sur sa mort:

On chercherait vainement, dit-il, une biographie quelconque imprime
d'Adrien Hbrard. Sa vie durant, notre directeur se refusa aux plus
petites contributions de ce genre. Dans _l'Annuaire de l'Association
des journalistes rpublicains_,  laquelle il appartenait depuis sa
fondation, se trouve seule la date de sa naissance: 1er juin 1833.

Il tait n  Grisolles, chef-lieu de canton de Tarn-et-Garonne, voisin
de Toulouse. Il avait fait ses tudes au lyce de cette ville, et
commenc ses tudes de droit qu'il devait terminer  Paris.

L, il se lia de trs bonne heure avec Nefftzer et Gambetta.

Avec Nefftzer, Adrien Hbrard participa  la fondation du _Temps_, le
25 avril 1861. Il y fut bientt charg du Bulletin du jour, qui tait
l'apprciation quotidienne et motive des vnements importants de la
France et de l'tranger.

Le jeudi 18 mars 1867, l'assemble gnrale des actionnaires du
_Temps_, sous la prsidence de Nefftzer, fondateur, nommait Adrien
Hbrard directeur. Il fallut attendre jusqu'au 30 juin 1871 pour vaincre
sa modestie et pour qu'Adrien Hbrard consentt  signer, pour la
premire fois, dans le journal de son titre de directeur-grant.

Le 5 janvier 1879, il tait lu snateur de la Haute-Garonne. Il
conserva son mandat pendant dix-huit ans, consacrant nanmoins au
_Temps_ toute son activit.

La maladie, pour la premire fois, le spara de nous il y a deux ans.
Le 7 juillet de l'anne dernire, une rechute le tint  nouveau loign
pendant quelques jours.

Cette anne, la maladie le frappait encore. Le 19 juin on le
transportait  Saint-Germain; on esprait que le changement d'air lui
procurerait quelque bien. Trois semaines aprs, il voulut rentrer
 Paris. Depuis, les soins attentifs de M. le docteur Gupin, des
professeurs Robin et Debove, ont vainement lutt contre la mort. Notre
bien cher patron s'est teint ce matin  midi, sans aucune souffrance,
d'un sommeil d'enfant.


LE PROCS DE Mme CAILLAUX


Ce triste grand procs a pris fin. C'est, pour tous, un immense
soulagement et, de quelque faon qu'on apprcie le verdict rendu mardi
par les jurs, il faut se fliciter que cette lamentable affaire
Caillaux soit sortie des rles de la cour d'assises. Ah! comme, en cette
semaine, si pleine, au dehors, d'motion nationale, on sentait que l'me
du pays tait ailleurs; comme on dplorait que ce crime de droit commun
n'ait pu tre jug selon le droit commun, sur les faits et par le code,
sans clat, sans public exceptionnel, sans retentissement hors de chez
nous. Ces dbats vastes, mais sans grandeur, devenaient,  chaque
audience, plus misrables. Ils n'taient plus que haine et fiel.
L'accuse, en son box, semblait lointaine, inexistante presque. On ne
songeait plus  elle, on ne parlait plus de son crime; mais, autour de
ce crime, tous les orgueils blesss, dus, se battaient  coups de
poignards empoisonns, devant des magistrats hsitants, gagns eux
aussi par la mauvaise agitation du lieu. On respirait mal dans cette
atmosphre vicie par on ne sait quelle dcomposition. La politique
tait l; elle svissait l; elle y faisait toute sa besogne de
destruction et de dmoralisation.

Jamais, jamais--tous ceux qui ont suivi les phases de ce procs en
conviendront--on n'avait vu, en cette enceinte jusqu'alors respecte et
redoute, un tel travestissement tragique et burlesque de l'appareil de
la justice criminelle: une prsidence timide et maladroite; un ministre
public muet; un assesseur qui dit au prsident des assises: Monsieur,
vous nous dshonorez!; le prsident qui envoie des tmoins  son
assesseur en plein cours de l'affaire, et l'cho narquois de cette
querelle scandaleuse; dans tous les journaux de France et d'ailleurs...;
deux anciens chefs de gouvernement se heurtant sur un cadavre...; un
dput qui, en considration--il l'a dit lui-mme--des prochaines
batailles lectorales, vient faire une interminable dposition
rpublicaine et dmocratique; ce mme dput qui prte  un magistrat
du ministre public des propos aussitt dmentis; un envoi de tmoins
par le substitut au dput (jamais encore on n'avait vu au Palais une
pareille leve de sabres!)...; des incidents trs vifs se multipliant
entre deux anciens btonniers, l'avocat de la dfense et celui de la
partie civile, l'un et l'autre, d'ailleurs, tchant de se ressaisir
 chaque fois par un effort de courtoisie et en voquant une amiti
ancienne...; une dclaration gouvernementale intervenant en faveur du
mari de l'accuse et,  cause de contradictions troublantes, accueillie
sans confiance et sans respect par l'auditoire; le mme mari de
l'accuse, l'ancien ministre, ne pouvant se rsoudre en ce lieu, dans
cette situation,  n'tre plus qu'un simple particulier et rclamant
encore des honneurs, exigeant qu'on l'appelle toujours: Monsieur le
ministre; le secret d'un testament priv arrach au lise par cet ancien
ministre des Finances et livr par lui au public coeur; le prsident
de la cour d'assises laissant dire,  deux reprises, sans interrompre,
sans protester, que le rquisitoire du procureur de la Rpublique est
un roman...; des mdecins rendus responsables, ou presque, de la
mort de la victime...; des chirurgiens clbres se jetant  la face,
par-dessus la barre, les accusations d'incapacit, de charlatanisme...
Voil ce que, successivement, l'on a vu et entendu pendant huit jours
dans la salle des audiences de la cour d'assises de la Seine.

On a vu et on a entendu autre chose encore. On a vu les fameuses lettres
intimes dont l'accuse redoutait tellement la publication qu'elle a
dcid, pour viter cela, de faire son geste criminel; on a entendu la
lecture de ces lettres dont on aurait offert 30.000 francs, et qui, dira
Me Chenu, ne valaient pas dix sous, car elles ne contenaient rien de ce
que l'on avait dit qu'elles contenaient.

Ces lettres furent, aprs d'mouvants incidents d'audience, verses
entre les mains des avocats par la premire femme de M. Caillaux, Mme
Gueydan. Tout le public fut singulirement impressionn par l'audition
de ce tmoin exceptionnel. Si sa puissance d'amour fut gale  sa
puissance de haine, cette femme dut assurment tre une exceptionnelle
amoureuse, l'une de ces hrones de passion que le drame moderne n'a
pu remettre en scne dans leur simplicit tragique et qu'il faut aller
rechercher dans le thtre antique. La silhouette est haute et belle; le
visage a des traits rguliers, volontaires, cornliens, avec un grand
regard fixe qui impressionne. Elle dit  la barre: Je suis l'pouse,
moi. L'autre, la seconde femme, celle qui l'a chasse, qui a pris
sa place au foyer, l'autre continue  ses yeux d'tre la matresse,
l'illgitime, l'intruse. Les voici en prsence, toutes deux, l'une,
brune et sombre, la douleur et l'humiliation du pass, l'autre, ple et
blonde, la douleur et l'humiliation du prsent. Ces deux femmes ont aim
le mme homme, qui fut leur fatalit; elles l'ont aim, la premire
jusqu'au sacrifice total (n'a-t-elle pas pour lui bris un foyer?), la
seconde jusqu'au meurtre. Nous regardons celui qui a caus ces deux
malheurs. Il est attentif et parat trs soucieux de ce que le pass va
dire au prsent. Mme Gueydan parlera longtemps, d'une voix entrecoupe,
saccade, un peu sourde d'abord, mais qui s'lvera graduellement,
pour crier, clamer des choses impitoyables. On sent que cette femme ne
pardonnera pas, qu'elle ne peut pas pardonner, que la blessure en elle
demeure toujours aussi vive et qu'elle ne se cicatrisera plus. M.
Caillaux nous dira, un peu plus tard, les arrangements pcuniaires qu'il
a consentis pour elle en la quittant. Il insistera sur sa gnrosit
matrielle: Mme Gueydan n'avait pas un centime quand je l'ai pouse.
L'abandonne demeure impassible, ddaigneuse. On devine combien tout
cela lui demeure tranger, en quelque sorte extrieur. Le drame intime,
seul, reste vivant en elle. Elle ne transige pas avec le pass et ce
seul mot de transaction suffit  provoquer de sa part des protestations
passionnes. Il y avait des crivains dans le public. Quel romancier
n'et pas souhait pouvoir russir dans un de ses livres un personnage
de cette puissance? On la voyait, dans la demi-obscurit du prtoire, se
replier, se ramasser comme pour bondir. Tout ce qu'elle disait frappait
en plein visage et en plein coeur la rivale dteste et l'homme ha
maintenant plus encore peut-tre que la rivale. Le souffle vengeur des
Erinnyes passait dans cette salle o se jugeait un crime, et il semblait
vraiment qu'une Parque tait venue l pour trancher le fil d'un destin.

Si l'accuse n'avait eu pour la dfendre que les seules interventions de
M. Caillaux, il n'est pas impossible qu'elle ft retourne mardi soir
 Saint-Lazare, en attendant le transfert  la maison de reclusion. M.
Caillaux, nous l'avons dit, est un prodigieux lutteur, mais quand on
lutte trop on lutte mal. Et, aux derniers jours, M. Caillaux s'est
nerv; il s'est dcouvert; il a tir  droite et  gauche, partout,
dans une espce d'exaspration hallucine. Il nous a obligs  songer 
ces phases, ces rounds d'un match sensationnel et rcent, o l'un des
champions, aprs plusieurs attaques incorrectes, avait fini par se faire
disqualifier par l'arbitre. Pour sauver l'accuse, le mari de l'accuse
a tent d'assommer la victime, et avec quelle arme imprvue! avec les
dernires volonts du mort, en violant le secret du mort, en produisant
un testament qui n'aurait pas eu d'existence, si son auteur n'avait pas
t assassin. Car c'est l'assassinat mme qui a donn une ralit  ce
document. L'instant de cette exhumation parut effroyablement tragique,
et l'on s'imagine difficilement la stupeur du public apprenant que,
au profit d'un ancien ministre dont l'influence restait grande, une
administration publique avait pu trahir le secret des particuliers et
livrer l'un des dpts que la loi nous oblige  lui confier...

A l'audience suivante, l'un des amis du directeur du _Figaro_, M.
Henry Bernstein, ripostait  M. Caillaux qui l'avait pris  partie,
personnellement, en lui reprochant de s'tre soustrait aux obligations
militaires: J'ai commis dans ma jeunesse une folie que j'ai regrette
publiquement... J'adore passionnment mon pays. En 1911, au moment de
l'affaire d'Agadir, j'ai demand d'tre revers dans l'arme; j'ai eu
l'honneur d'obtenir la cassation de ma rforme. Je suis artilleur,
je pars le quatrime jour de la mobilisation, et la mobilisation est
peut-tre pour demain. Je ne sais pas quel jour part Caillaux, mais je
dois le prvenir qu' la guerre on ne peut pas se faire remplacer par
une femme et qu'il faut tirer soi-mme. Et alors ce furent de telles
acclamations, un tel dferlement tumultueux que la cour impuissante,
dsempare, dut abandonner le terrain, disparatre, se rfugier quelques
minutes hors de la salle, fuite prcipite de robes rouges qui se
renouvellera le mardi soir,  neuf heures, lorsque le verdict du jury
provoquera l'meute dans le prtoire.

Les plaidoiries furent ce qu'on devinait qu'elles seraient: magnifiques.
Me Chenu fut clair et grand: il parlait au pays. Me Labori fut mouvant
et habile: il parlait aux jurs. L'un s'adressait  la conscience
publique; l'autre  la sensibilit inquite, aux nerfs fatigus de
quelques hommes. L'une et l'autre voix ont port. L'acquittement de Mme
Caillaux par le jury de la Seine n'est pas une dfaite pour Me Chenu.
Ds que le verdict a t connu, la protestation presque gnrale du
public fut la revanche victorieuse de l'minent btonnier.

On attendait, avec une curiosit frmissante, le plaidoyer de Me Chenu.
On savait que, aprs l'excellente plaidoirie de Me Seligmann dfendant
Gaston Calmette et le _Figaro_ contre les accusations de M. Caillaux, ce
serait le vrai, le seul rquisitoire, celui qui oserait demander tout
le chtiment. Et Me Chenu ne se droba point: sa plaidoirie, par la
prcision des arguments, par l'esprit sobre, voil de deuil, par la
hauteur, la noblesse de la pense, par la puret de la langue, par les
grands coups d'aile, est l'un des beaux morceaux oratoires de ce temps.
On a pu lire cette plaidoirie _in extenso_ dans les comptes rendus
stnographiques. On en relira plus tard des fragments dans les
anthologies de l'loquence judiciaire. Me Chenu annonce tout de suite
qu'il vitera les digressions fastidieuses: Aprs tant d'incidents
tumultueux et divers, mes premires paroles seront peut-tre pour vous
tonner: je vais vous parler de l'assassinat de Gaston Calmette et je
prends mme l'engagement de ne pas vous parler d'autre chose. Mais,
cependant, il est bien oblig de parler de M. Caillaux qui a eu un rle
dans le drame et il nous donne ce portrait de l'ancien ministre des
Finances:

M. Caillaux a d'exceptionnelles qualits d'esprit, une mmoire
prodigieuse, mais avec des lacunes et des dfaillances inexplicables,
une haute intelligence, mais dpasse par l'opinion que, visiblement, il
en a, d'une ambition sans frein ni limite, mais curieusement impatiente
des obstacles, comme lgislateur faisant les lois, comme ministre les
faisant appliquer, mais ne pouvant, pour lui, en supporter le joug comme
citoyen: tendant sa main souveraine sur les trois pouvoirs, cherchant
 les runir, alors que les lois et le bien de l'tat exigent qu'ils
soient spars; voulant tre obi; autoritaire, dcid  briser ceux qui
lui rsistent,  faire flchir et  carter de sa route, par tous les
moyens, ceux qui l'embarrassent et qui le gnent; bref un de ces hommes
dont la puissance est faite de leur propre audace et de la crainte
qu'ils inspirent...

Me Chenu, en concluant, avait envi, en cette affaire--en cette seule
affaire, prcisa-t-il--le droit qu'avait le ministre public de rclamer
au nom de la socit une condamnation sans indulgence. M. le
procureur gnral Herbaux ne poussa pas aussi loin la svrit de son
rquisitoire. Il reconnut l'intention criminelle et la prmditation.
Mais il admit les circonstances attnuantes et il accepta mme que ft
carte, en raison des consquences trop rigoureuses pour l'accuse,
la circonstance aggravante de prmditation absolument indniable.
C'tait jeter un pont entre la condamnation aux travaux forcs
et l'acquittement. Me Labori, avec son admirable loquence et sa
contagieuse motion, se chargea de faire franchir  l'accuse ce passage
encore si dangereux pour elle. Cette fois, Me Labori avait voulu assumer
seul, et sans aucune intervention trangre au barreau, la lourde
responsabilit d'une dfense qu'il lui plaisait de soutenir avec une
trs haute dignit. Aussi M. Caillaux dut-il, en auditeur silencieux,
entendre les mots de sympathie que l'minent avocat eut pour la victime.
Par contre, Me Labori rendit hommage au caractre de M. Caillaux et
s'appliqua  dtruire l'impression produite par la dposition de Mme
Gueydan: Je ne veux pas, dit-il, rouvrir un dossier de divorce, mais il
est une chose que je veux dire, c'est que si je paraissais croire que
M. Caillaux n'avait pas de griefs contre Mme Gueydan, je ferais sourire
tout Paris. M. Caillaux s'est conduit en galant homme.

A propos du cas prsent, et pour d'opportuns rapprochements historiques,
Me Labori voqua d'autres affaires retentissantes qui s'taient
termines par un acquittement et il s'effora de dgager ce drame des
passions qui l'treignaient pour le prsenter comme un lamentable
accident, infiniment malheureux et irrparable, de la nervosit humaine
exaspre...

Le jury s'est laiss convaincre.

Les journaux de mercredi ont dit par quel tumulte ce verdict fut
accueilli dans la salle de la cour d'assises. Aux applaudissements de
quelques-uns rpondit une tempte de protestations et de cris indigns.
Une rafale passa qui, une seconde fois, obligea les magistrats 
abandonner leurs siges. Et, ce qui ne s'tait sans doute jamais vu
encore en ce lieu, il fallut chasser le public de l'audience pour
pouvoir prononcer l'arrt d'acquittement...

ALBRIC CAHUET.




UN INCIDENT A LA BOURSE

Un incident des plus vifs, bien caractristique de la nervosit qu'ont
provoque cette semaine les vnements extrieurs dans les milieux
financiers, s'est produit, lundi,  la Bourse, vers midi et demi. Il y
avait alors, comme chaque jour  cette heure, dans les salles des vastes
btiments, beaucoup d'animation, sinon beaucoup de transactions. Et
soudain, le bruit courut dans les groupes que le spculateur viennois
Oscar Rosenberg, auquel les boursiers reprochaient sa campagne de baisse
sur la rente, aurait tenu des propos fcheux sur le march franais. Ce
fut l'tincelle qui alluma bien des colres contenues depuis Longtemps.

Tout le monde se rua dans la salle des arbitrages, devant le box o
s'tait rfugi M. Rosenberg, que protgeaient difficilement quelques
amis. Une premire intervention des agents, accourus en hte, ne russit
pas  faire cesser le tumulte. Un moment dbords, ils durent revenir 
la charge: pendant la bagarre, M. Rosenberg put enfin sortir de son box
et gagner, sous la protection de la police, la salle des banquiers.
Mais, au dehors, les manifestants guettaient sa sortie. Il fallut
organiser un important service d'ordre, dgager compltement le
pristyle et les marches du ct de la rue Notre-Dame-des-Victoires,
maintenir au loin la foule derrire des barrages d'agents. Alors
seulement M. Rosenberg dut quitter la salle des banquiers, et, aprs
avoir descendu le grand escalier dsert, monter dans un taxi-auto qu'on
avait fait avancer pour lui.



CE QU'IL FAUT VOIR

PLAISIRS DE PROVINCE

Le lecteur voudra-t-il permettre au Parisien en vacances et qui, dans
quelques jours, aura repris ses habitudes parisiennes, d'ouvrir une
parenthse sur cette question?

Je vous parlais, la semaine dernire, d'un concours hippique de province
auquel j'eus l'impression que le pittoresque de l'organisation, la
beaut unique du dcor, l'amusante composition de l'assistance,
apportaient un attrait spcial, et que notre concours hippique du Grand
Palais n'a pas.

Et je pensais,  ce propos:De quoi se plaignent-ils?

Je viens, poursuivant ma promenade, d'prouver la mme impression, et
devant des chevaux encore: au Cirque!

Voil pas mal d'annes dj que les _forains_ ont transform les
conditions de leur industrie, et nous en faisons continuellement, hlas!
l'exprience  Paris o, sur la ceinture de nos boulevards extrieurs,
svit d'un bout de l'anne  l'autre l'affolant tapage des exercices,
des commerces, des jeux forains. Certains de ces patrons forains
sont, par l'importance de leur entreprise, le luxe du matriel, le
perfectionnement de l'outillage, des commerants vritables, et degros
commerants, mme! Un mange, des montagnes russes, une exhibition
de btes fauves, organiss au bruit des orchestres mcaniques, dans
l'blouissement d'un clairage savant que le forain produit et dirige
lui-mme--ce sont des capitaux en mouvement; c'est de la richesse qui
circule--et bruyamment!

Mais aucune entreprise, peut-tre, ne donne une dmonstration plus
saisissante et plus amusante  la fois de la faon dont cette industrie
du spectacle nomade et forain s'est transforme que le cirque d'o je
sors.

Le cirque Palisse n'est pas beaucoup moins vaste que notre
Nouveau-Cirque de la rue Saint-Honor. Mais il a, comme toute
construction foraine, cette originalit d'tre une maison en bois,
dmontable et dplaable  volont et dont tous les morceaux s'ajustent
cependant les uns aux autres avec assez de prcision pour que, sous
sa coupole, les exercices _ariens_ les plus difficiles puissent tre
entrepris sans pril ni pourl'artiste, ni pour le spectateur. La
maison est solide, et la scurit y est aussi parfaite que si la pierre
et le fer seuls avaient servi  la construire.

Et ce qui est amusant surtout, c'est l'exactitude avec laquelle elle
_reproduit_ le cirque des grandes villes... Ces gens sont l, camps sur
un terrain vague, pour un mois, et il semble que leur installation y
date de plusieurs annes, et soit destine  nous survivre...

Des lustres lectriques emplissent le hall d'une clart joyeuse: du haut
d'une spacieuse _loggia_, un orchestre, dont le chef porte le frac et
la cravate blanche, verse sur nous les valses franaises et les tangos
amricains les plus entranants. Les gens de service ont la livre; les
cuyers sont de tenue impeccable, les gants blancs accrochs, comme il
convient,  l'chancrure de l'habit boutonn; et voici les clowns chris
de la foule, Ils et Antonio, Dario et Cratto, dont les entres
comiques viennent rpandre de la joie et du fou rire parmi les
_numros_ sensationnels, o sont successivement acclams l'quilibriste,
l'cuyre, l'acrobate et le jongleur... Entr'acte. L'illusion se
continue. La foule se rpand dans les couloirs, va visiter les curies,
ou bien s'assoit aux tables d'une buvette confortable, o des tziganes
lui donnent la srnade, cependant que l'orchestre se repose... C'est
Paris retrouv en province, avec, en plus, l'attrait de la surprise et
de la difficult vaincue!

Paris! Je le retrouve  chaque pas, dans cette ville o je me promne et
qui n'est pourtant pas une des plus considrables de France.

N'est-ce pas d'abord au Cirque mme que je l'ai rencontr tout 
l'heure? Dario, Cratto ne sont point des forains, que je sache; ils
arrivent de Montmartre en droite ligne. Aprs avoir fait, pendant
l'hiver, les dlices des habitus du cirque Mdrano, les deux joyeux
clowns mettent leurs vacances  profit, et font la province.

En mme temps qu'eux nous avons eu, au Thtre municipal, d'autres
toiles parisiennes  applaudir. Les tournes succdent aux tournes
et c'est Paris qui se dplace pour donner du plaisir aux dpartements.
Du plaisir  domicile, pourrait-on dire. Dans une cit de trente ou
quarante mille mes o les affiches annoncent la prochaine visite de
Gmier, et de sa troupe, le bourgeois et sa famille ont, en effet,
beaucoup moins de chemin  faire pour se rendre au thtre que le
Parisien qui, habitant Auteuil ou les environs du parc Monceau, veut
aller applaudir M. Gmier boulevard de Strasbourg.

Les tournes thtrales ne sont plus les seules rcrations qui
donnent au provincial d' prsent l'illusion de Paris rapproch et
retrouv. De spacieux et lgants cinmas font dfiler devant lui,
en toutes saisons, les _films_ dont nous nous amusons. Et ces
spectacles-l, il n'a mme pas  attendre que la primeur en ait t
donne au boulevard; il les connat et en jouit en mme temps que
nous,--comme il connat en mme temps que nous les nouvelles, que le
tlphone apporte  son journal!

Il connat galement comme nous l'agrment de consommer... en musique
une boisson frache  la terrasse d'un caf. Sur la place principale de
la ville un tablissement, luxueusement amnag, reoit chaque soir la
visite d'un orchestre excellent qui retient l les flneurs jusqu'
une heure assez avance. Parmi ces flneurs, il y a des femmes. Je les
regarde: rien ne distingue leur tenue de la tenue des femmes de
Paris; j'entends de celles qui suivent la mode... sans courir, au pas
simplement acclr, et en personnes raisonnables. Aussi bien pourquoi
ignoreraient-elles la mode? Pourquoi ne se donneraient-elles pas,
elles aussi, l'agrment (puisque enfin, c'en est un!) d'en subir les
prescriptions tantt ridicules, tantt charmantes? Est-ce qu'elles ne
sont pas renseignes? Les catalogues des grands magasins leur arrivent,
comme  nous. Le journal illustr les documente, semaine par semaine,
de la plus copieuse et pittoresque faon; et les rapides ont mis la
province  une si petite distance de la capitale qu' cent ou deux cents
kilomtres de Paris on voit couramment des dames de province, qui ne
sont point milliardaires, prendre le train pour y venir essayer une robe
ou choisir un chapeau.

Tout cela est excellent. Nos dpartements de France sont de dlicieuses
petites patries qu'il importe de rendre  ceux qui les habitent de
plus en plus agrables  habiter. Il est de plus en plus ncessaire de
dcongestionner Paris, de retenir chez elles les lites de province.
C'est l'intrt du pays tout entier; et,  ce point de vue, l'on
pourrait affirmer qu'un bon orchestre, une bonne troupe en tourne des
clowns clbres en reprsentation ne sont point des lments de progrs
ngligeables. Aux grandes raisons qu'on devrait avoir d'aimer  rester
chez soi, ils en ajoutent de petites, qui ont leur prix...

UN PARISIEN.




AGENDA (1er-8 aot 1914)

LES THTRES DE PLEIN AIR.--Au thtre antique d'Orange, le _1er aot:
Rodogune_, de Corneille, avec M. Mounet-Sully et les artistes de
la Comdie-Franaise; le _2 aot: les Phniciennes_, de M. Georges
Rivollet; le _3 aot: Orphe_, de Gluck.--Au thtre du Peuple, 
Bussang (Vosges), le _9 aot_: reprsentation de _Sakoun-tala,_ du pote
hindou Kalidasa.

CONCOURS HIPPIQUE.--Le concours hippique international de Spa aura lieu
du _2_ au _16 aot_.

SPORTS.--_Courses de chevaux_: le _1er aot_, Deauville, Ostende; le
_2_, Caen, Vichy (grand prix). Compigne (obstacles), Ostende (Derby);
le _3_, Caen, Ostende; le _4_, Vichy, Caen; le _5_, Deauville (prix
de la plage fleurie, prix de Pont-l'vque); le _6_, Lisieux,
Boulogne-sur-Mer, Dinard, Ostende; le _7_, Deauville (prix
Hoc-quart), Boulogne-sur-Mer; le _8_, Barnay, Boulogne-sur-Mer,
Ostende.--_Automobile_: du _3_ au _9 aot_, les six jours motocyclistes,
concours international d'endurance, organis par l'Union motocycliste
de France.--_Aviation_: les _2, 3_ et _4 aot_,  Hardelot-Plage,
championnats de France et championnats internationaux
d'aroplanes.--_Aviron_: le _2 aot_,  Lyon, championnats de
France.--_Lawn-tennis:_ du _2_ au 7 _aot_, tournoi d'tretat; le
_3 aot_, tournoi de la Bourboule; les _6, 7_ et _8 aot_,
Vernet-les-Bains; du _1er_ au _17 aot_, Aix-les-Bains.




DOCUMENTS et INFORMATIONS



MAREY ET L'INVENTION DU CINMATOGRAPHE.

On a beaucoup discut, ces derniers temps, sur l'invention du
cinmatographe, que l'on a attribue tantt  Edison tantt au grand
physiologiste Marey. Dans une confrence faite devant les membres de la
Socit de Physique, on a mme affirm que tout dans le cinmatographe
avait t invent  l'Institut Marey, sauf toutefois la perforation de
la pellicule, due  Edison. M. A. Seyewetz, sous-directeur de l'cole de
chimie industrielle de Lyon, nous communique,  ce sujet, d'intressants
documents, qui prouvent que la dcouverte de la photographie du
mouvement appartient, sans contestation possible, aux frres Lumire.

Marey, nous crit-il, a reconnu lui-mme  MM. Lumire en diffrentes
circonstances, avec sa probit scientifique habituelle, la priorit de
l'ide des projections animes. Nous extrayons en effet, dans le compte
rendu fait par Marey en 1897 aux Socits Savantes de Paris et des
dpartements, les passages suivants: De mon ct, je cherchais 
produire la synthse optique du mouvement... MM. A. et L. Lumire ont
les premiers ralis ce genre de projection avec leur cinmatographe.
On trouve galement dans le Bulletin de la Socit franaise de
Photographie, en 1889, une communication de Marey o nous relevons ces
lignes: Edison devait trouver bientt avec son kintoscope la solution
de l'galit des images au moyen de perforation de la pellicule
sensible. A cause de ses inconvnients, le kintoscope fut bientt
supplant par l'admirable instrument de MM. Lumire universellement
connu sous le nom de cinmatographe, qui tait la ralisation parfaite
du chronophotographe projecteur.

A ces tmoignages, on peut encore joindre, en faveur de MM. Lumire, un
document historique d'une valeur incontestable. C'est le discours que
fit le savant fondateur de l'observatoire du Mont-Blanc, M. Janssen, 
l'Union nationale des Socits photographiques de France, le 12 juin
1895: Le gros vnement de cette session, dclara-t-il, a t le
rsultat obtenu en photographie anime par MM. Lumire... Le point de
dpart de cette nouvelle branche de la photographie est le revolver
photographique, invent  l'occasion du passage de Vnus, sur le Soleil
en 1874. On sait avec quel succs M. Marey s'est empar du principe de
l'instrument qu'il a d'ailleurs compltement transform.

Mais, messieurs, si le revolver et ses drivs nous donnent l'analyse
d'un mouvement par la srie de ses aspects lmentaires, les procds
qui permettent de raliser, par la photographie, l'illusion d'une
scne anime doivent aller plus loin. Il faut qu'aprs avoir fix
photographiquement tous les aspects successifs d'une scne en action ils
en ralisent une synthse assez rapide et assez exacte pour offrir 
notre vue l'illusion de la scne, elle-mme, et telle que la nature nous
l'et prsente. C'est ici, messieurs, que, grce  MM. Lumire, la
photographie que je proposerai de nommer la photographie anime, pour la
distinguer de la photographie analytique des mouvements, a fait un pas
considrable.

Et M. Janssen concluait: Aussi, messieurs, rjouissons-nous toujours,
et de plus en plus, que cet art merveilleux soit n en France, et
applaudissons de tout cur, lorsqu'il s'enrichit chez nous de quelque
branche nouvelle.

C'est donc bien aux frres Lumire qu'il faut attribuer la merveilleuse
invention du cinmatographe, origine d'une industrie mondiale.



CONTRE LES PIQRES DE GUPES.

Nous voici  la saison des gupes et chacun sait combien une piqre de
ces insectes peut tre dangereuse quand elle se produit dans la bouche
ou la gorge, tandis qu'on mord dans un fruit sans s'tre aperu qu'une
gupe y tait cache. La piqre provoque un oedme et un gonflement des
tissus pouvant amener des accidents mortels.

Un remde trs simple est, parat-il, communment employ dans la
Suisse franaise quand se produit un accident de ce genre. On frotte
vigoureusement la partie pique avec de l'ail. Si la piqre est dans la
profondeur de la gorge et inaccessible, on fait avaler des gousses d'ail
broyes et malaxes. Un spcialiste suisse bien connu a eu l'occasion
de vrifier l'efficacit du procd, et a jug utile de communiquer son
observation  la Socit vaudoise de mdecine. Le malade avait t piqu
 la gorge et pris presque instantanment de dysphagie et d'asphyxie.
Aussitt on eut recours  l'ail, et le malade se remit rapidement. A
dfaut d'ail on peut employer l'oignon: mais ce dernier est moins actif.
Le procd est bien simple, comme on voit, et il a l'avantage d'oprer
dans un cas o la mdecine est fort embarrasse pour intervenir
utilement.


UN NOUVEL USAGE DE LA LAVANDE.


Le docteur Morpurgo, de Tunis, vient de dcouvrir--par hasard, dit-il
modestement--les proprits diurtiques de l'infusion ce fleurs de
lavande. Celle-ci, prpare  la dose de 20 grammes de fleurs pour 200
grammes d'eau bouillante, augmente de 100  500 grammes la quantit de
liquide mise en 24 heures. L'infusion de lavande est d'ailleurs de
got excellent, surtout lorsque son parfum un peu cre est corrig par
addition de quelques gouttes de kirsch.


A LA POUPONNIRE.


La jolie scne de pouponnire que nous reproduisons ici est de celles
que l'on se plat toujours  regarder; elle voque simplement la
faiblesse de l'enfant, la protection du bienfaiteur discret qui se
penche vers elle. Les petits, habills des mmes robes, tous pareils,
s'amusent sagement avec leurs menus jouets. Et le vieillard souriant qui
veille sur eux a le bon visage, les yeux heureux des grands-pres, de
ceux qui aiment les berceaux, et que ravit la joie purile.

C'est  la pouponnire fonde  Rueil par M. Cognacq qu'a t prise
cette photographie; l sont levs gratuitement, pendant leurs trois
premires annes, les enfants des vendeuses de la _Samaritaine_, dont
M. Cognacq est le propritaire et le directeur. Il et pu se contenter
d'assurer, de loin, l'existence de l'oeuvre, et d'y faire sentir les
effets d'une gnrosit un peu distante. Mais, au soir d'une vie
laborieuse, il a pris got  cette nouvelle activit que lui permettait
sa fortune. Chaque dimanche, il se rend  la pouponnire de Rueil pour
s'enqurir de ses petits pensionnaires; il s'inquite des soins qu'on
leur donne, il leur apporte des jouets, il passe prs d'eux de longues
heures. Et voil qui est vraiment d'un joli exemple.

M. Cognacq ne s'est pas occup que des enfants de ses employs. Il
a voulu faire participer ses employs eux-mmes aux bnfices de sa
maison, dont le tiers leur sera dornavant rparti  la fin de chaque
exercice: ainsi leurs intrts vont-ils tre lis troitement  ceux de
l'entreprise que leur travail fait prosprer, et dont ils sont devenus
de vritables actionnaires.


TROIS FRANAIS D'ALGRIE


Un mme dcret a rcemment nomm chevalier de la Lgion d'honneur
Si Salah ben Chenouf, cheik des Ouled Zadi, et promu au grade de
commandeur Si Bouhafs ben Chenouf, cad des Bni bou Slimar et de
l'Ahmar-Khaddou et lev  la dignit de grand officier Si Ali bey ben
Chenouf, bach-agha des Ouled Rechach  Khenchla: ce sont les trois
frres, et trois des plus fidles serviteurs de la France en Algrie.

Ils sont de la grande famille de Djaafar Baramequi--Haroun-Rechid--de
qui le grand-pre fut des premiers, au moment de la conqute,  se
rallier  nous, ds notre installation en Algrie. Depuis lors, les
descendants de cet ami sincre de la premire heure ont march sur ses
traces, et partout o a flott le drapeau tricolore, en Algrie, en
Tunisie, et plus rcemment au Maroc, se sont trouvs,  l'ombre de ses
plis, prts  donner leur sang pour la mre patrie, le progrs et la
civilisation dont il est le symbole.



LA RFORME DE LA CHIMIE ALLEMANDE


Les chimistes allemands--comme d'ailleurs leurs confrres de tous les
pays du monde--ont adopt pour vocabulaire technique celui dont se
servent les Franais, et, pendant de trs longues annes, ils se sont
contents d'employer des mots comme _Chemie, Atom, Laboratorium,
Pipette, Molekul, Spektroskop_, qu'il est tout  fait inutile
d'expliquer. Ils y ont gagn de pouvoir aisment diffuser leurs travaux,
rien n'tant, par exemple, plus facile, pour un spcialiste de langue
latine, que traduire  livre ouvert une phrase du genre de celle-ci:
_Das Limonen ist die optisch active Modification des Dispentens_ (le
limonne est la modification optique active du dipentne)

Mais les savants d'outre-Rhin en ont assez de cette clart qui rpugne
 leur temprament et blesse leur orgueil national; c'est, du moins,
la grande revue technique _Chemiker Zeitung_ qui semble le croire,
puisqu'elle a entrepris une campagne en vue d'obtenir la rforme
du vocabulaire chimique. Elle dfre en cela  un voeu du
_Deutschersprachverein_ (Association en faveur de la langue allemande).
Le gnie spcial de la race germanique, affirme-t-elle, ne saurait tre
plus longtemps mconnu!

Partant de l, la _Ch. Z_. rclame le remplacement des mots exotiques
par des mots composs de racines allemandes.

Voici quelques-uns des rsultats auxquels conduit cette grande rforme
scientifique (?) On ne dira plus _Atom_, ni _Molekul_, mais _Kleinchen_
et _Kleinchengruppe_; on ne traduira plus les verbes franais oxyder,
rduire et nitrer par _oxydieren, reduiren_ et _nitrieren_, mais par:
_versauerstoffen, entsauerstoffen_ et _versticksauerstoffen_. On
n'emploiera plus _das Spektroskop_, mais _das Brechtlichtlinicnrohr;_
on ne se servira plus de _die Pipette_, mais de _das Saugpfeifchen;_
on n'effectuera plus une _fraktionnierte Distillation_ (distillation
fractionne), mais, beaucoup plus simplement, une _bruckstckweise
flssige Verdampfungsstoff Aufseugungzuverschieden Woermerstoerken;_ on
n'tudiera plus la _Chemie_ au _Laboratorium, _ mais la _Scheide-und
Fjekunst_ (art des combinaisons et des dcompositions), dans le
_Scheide-und Fgewerkstatt_.

Grce  quoi la glorieuse science germanique aura remport sur la
science des Barbares une victoire dcisive.

Toutefois, il n'est pas interdit de souhaiter entendre quelque jour
un chimiste allemand qui serait patriote, mais bgue, demander  un
commerant de lui vendre quelques grammes d'un produit tinctorial
d'usage courant et qui va s'appeler, d'aprs la terminologie nouvelle:
_Bruckstckweiseflussige Verdampfungsstoff Aufseugungzuverschiedenen
Waermerstoerkenerhaltet Triamidotriphenylcarbinol._ La _Ch. Z._, et
avec elle un certain nombre de ces Herren Professoren que Hansi a
portraicturs, rclame, en effet, cette lgante dnomination pour le
produit appel _die Pararosanilin durch fraktionnierte Distillation_
( pararosaniline obtenue par distillation fractionne). Il parat que
c'est un vritable crime contre la patrie allemande qu'user de cette
traduction trop littrale d'un terme scientifique franais: l'idiome
germanique est  la fois et avant toute chose dmonstratif, explicatif
et agglutinant. Persistons cependant  souhaiter entendre un chimiste
qui serait  la fois et avant toute chose allemand, patriote et
bgue, mettre en pratique ces prceptes
grammatico-germanico-scientifico-impratifs.



LES MOUVEMENTS DE LA FLOTTE ALLEMANDE.


On a annonc, cette semaine, qu'une escadre allemande avait travers,
dans la nuit du 28 au 29 juillet, le grand Belt, pour venir prendre ses
positions de combat dans la Baltique. D'o venait cette force navale,
compose de 28 btiments? Nous devons  notre collaborateur M. Charles
Rabot, de pouvoir donner,  ce sujet, des prcisions intressantes.

Il y a quelque temps, l'Allemagne avertissait le gouvernement de
Christiania de l'arrive,  la fin de juillet, d'une grande partie de sa
flotte dans les fjords de la cte occidentale de Norvge. Ses quipages
avaient besoin de faire une cure d'air et de se reposer des fatigues de
l'hiver par une croisire d'agrment: tel tait le prtexte invoqu.
Mais les Norvgiens, lgitimement mus, interprtrent tout autrement la
prsence de cette flotte dans les eaux de leur pays. Il leur parut trs
probable que l'amiraut allemande avait voulu s'installer dans les
admirables positions qu'offrent les fjords, afin de pouvoir rapidement
atteindre les ctes anglaises.

Dj, l'an dernier, appareille poque, la mme situation s'tait
prsente, et nous l'avions indique dans notre numro du 9 aot.
L'motion avait t vive alors  Christiania; l'occupation des fjords
avait donn naissance  de violentes polmiques de presse. Et, pour
calmer les esprits, l'Allemagne s'tait empresse de dclarer qu'elle
tiendrait compte  l'avenir des susceptibilits norvgiennes. Elle n'en
a pas moins recommenc, cette anne,  envoyer ses vaisseaux sur les
ctes de Norvge, et ils y seraient encore si elle n'avait pas, pour
parer sans doute au danger russe, modifi brusquement ses plans.

La carte que nous reproduisons aujourd'hui a t dresse d'aprs un
document publi par _l'Aftenpost,_ le plus grand journal de Christiania.
Elle reprsente le dispositif de la flotte allemande sur le littoral
norvgien: 28 cuirasss et 18 torpilleurs s'y trouvaient, partags en
trois groupes, le principal au centre, avec 10 grosses units dans
le Sogne Fjord, flanqu  droite de 10 autres units dans les fjords
voisins de Christiansund, et  gauche de 7 autres cuirasss dans
l'Hardanger Fjord.

Tous ces fjords sont extrmement profonds, mais coups de seuils et
de hauts-fonds; la navigation y est d'autant plus difficile que
l'hydrographie n'en a pas t faite et qu'il n'existe aucune carte
marine de ces canaux. Si donc l'amiraut allemande y envoie ses
cuirasss, c'est qu'elle a mis  profit les croisires prcdentes pour
faire excuter des levers dans ces eaux dangereuses pour les grosses
units,--et cela au mpris des rgles internationales.



LE CENTRE DES TATS-UNIS D'AMRIQUE.

Le point gographique qui constitue le centre du territoire
des tats-Unis vient d'tre dtermin de faon absolument prcise par le
professeur W. A. Cogshall, astronome en chef de l'Universit d'Indiana,
et par le docteur C.-A. Drew, professeur de physique  la mme
Universit. Ce point est situ  Bloomington, trs exactement au sud de
la faade du btiment principal d'une usine construite en bordure de la
8e rue.

L'tat d'Indiana vient de signaler ce point  l'attention des visiteurs
en y faisant disposer une plate-forme en ciment de 3x4 mtres, sur
laquelle est plac un large bloc calcaire portant en lettres dores
l'inscription suivante: Centre du Territoire habit des tats-Unis.
Recensement de 1910. Ce bloc supporte un mt mtallique de 22 m. 5 de
hauteur, auquel est attach un drapeau galement mtallique, clair la
nuit par une lampe lectrique de 120 bougies.



LA TOUR DE PISE.

La fameuse tour de Pise, sur laquelle nous avons publi dj,
il y a deux ou trois ans, des dtails qu'il nous faut en partie rappeler
aujourd'hui, affecte des allures de plus en plus penches, et ses
admirateurs comme ses dtracteurs passent,  son sujet, par des motions
aussi vives que contradictoires.

On ne sait pas exactement si la tour que construisit l'architecte pisan
Bannono fut conue en 1174 telle qu'elle fut acheve au quatorzime
sicle par Tomaso: il est infiniment probable qu'au contraire elle tait
destine, comme toutes ses congnres,  s'lever suivant la verticale,
mais qu'un tassement fortuit du sol survint, lui donnant une inclinaison
anormale, et lui valant  coup sr le meilleur de sa renomme. L'angle
que son axe forme avec l'horizon a t mesur en 1817, en 1859, et enfin
en 1911, par une commission scientifique nomme par le gouvernement
italien. Le _Gnie civil_ rapporte que le faux aplomb de sa septime
corniche par rapport  la premire, qui tait en 1817 de 2 m. 868 tait
de 3 m .063 en 1859, et qu'il a augment de 7 centimtres seulement
depuis cette poque jusqu' 1911. La Commission italienne a pos 
cette poque de nombreux repres, grce auxquels il a t possible de
constater que l'inclinaison de la tour est devenue lgrement plus
grande dans ces tout derniers temps. Le phnomne vient, aprs de
nombreuses recherches, d'tre attribu  un tassement continu
rsultant de l'existence d'un cours d'eau souterrain: celui-ci va tre
immdiatement dtourn, son lit sera combl par du ciment, et tout
autorise  croire que, dans l'avenir, la tour de Pise, ne penchera
jamais plus qu'elle ne le fait  l'heure actuelle.


RCOMPENSES AUX BLESSS DE TAZA


Le 14 juillet,  Fez, a t marqu par une crmonie trs mouvante
qui s'est droule dans l'intimit, pour ainsi dire, entre soldats, 
l'hpital Auvert.

C'est l qu'ont t vacus les blesss des troupes du Maroc occidental
frapps au cours des combats livrs autour de Taza, tant de ceux que le
gnral Gouraud dut engager pour s'ouvrir le passage que de ceux qu'il
eut  subir depuis pour se maintenir, assurer notre occupation, et dont
nous sommes loin, probablement, d'avoir livr le dernier: mardi encore,
on recevait la nouvelle de deux trs importants engagements, dans
la valle de l'Innaouen, au cours desquels nous aurions eu plus de
cinquante morts.

Donc, le jour de la Fte nationale, le gnral Gouraud se rendait 
l'hpital Auvert afin d'y remettre aux braves qui, sous ses ordres,
avaient vers leur sang pour la patrie les dcorations si vaillamment
gagnes.

On avait transport sous les beaux oliviers du jardin de l'hpital,
ancien palais chrifien, les hros de la journe, encore tendus sur
leurs lits, ayant endoss pour la circonstance leurs plus coquets
uniformes, coloniaux, tirailleurs, et le gnral dut se pencher vers
leurs couches pour agrafer sur ces poitrines les rubans o pendaient la
croix ou la mdaille.




L'ARMURE DE PHILIPPE II

L'Armeria Real de Madrid vient de recevoir les pices manquantes de la
fameuse armure de Philippe II qui figuraient au Muse d'Artillerie 
Paris. Elles ont t places dans la vitrine o nagure on n'en voyait
qu'une copie  l'aquarelle, le chanfrein au-dessus de la selle, les
deux rondelles d'paule et les deux cubitires aux pieds du mannequin
reprsentant Philippe II, chacune avec une petite tiquette tricolore
qui distingue, selon l'criteau explicatif, les parties de l'armure
offertes par le gouvernement de la Rpublique franaise.

Il est probable que le souverain espagnol tiendra  rpondre  ce don
par un autre analogue  notre Muse d'Artillerie, auquel on sait que la
direction de l'Armeria avait pens  proposer une rondache navarraise
et une paire de pistolets franais, dont la valeur fut juge un peu
insuffisante alors que la question se prsentait sous la forme d'un
change. Mais, depuis, elle a pris le caractre d'une donation
gracieuse, si bien que c'est au roi seul qu'appartient l'initiative de
la rciprocit.






LISTE DES ILLUSTRATIONS



[Illustration: M. BIENVENU-MARTIN, M. P.H. BERTHELOT, BARON DE SCHOEN.

Le baron de Schoen lit  M. Bienvenu-Martin, faisant l'intrim des
Affaires trangres, une communication de son gouvernement approuvant
l'Autriche et dclarant que, si le conflit ne restait pas localis, il
faudrait redouter les consquences les plus graves.

[Illustration: Le gnral Putnik, chef d'tat-major gnral de l'arme
serbe. _Phot. S. Tchernof_]

[Illustration: Une manifestation  Berlin devant la statue de Bismarck.]

[Illustration: Le gnral Conrad de Hotzendorf, chef d'tat-major
gnral de l'arme austro-hongroise.]

[Illustration: La jeunesse berlinoise promne des portraits de
Franois-Joseph et de Guillaume II.]

[Illustration: L'EMPEREUR FRANOIS-JOSEPH A ISCHL.--_Phot. Hoeck, prise
le jour mme de l'ultimatum  la Serbie_.

Ce fut mon plus grand dsir de consacrer les annes qui me sont encore
accordes par la grce de Dieu aux oeuvres de la paix et de prserver
mes peuples des graves sacrifices et des charges de la guerre. Il en a
t dcid autrement par la Providence...

_Manifeste adress par l'empereur  ses peuples._]

[Illustration: UNE CAPITALE A PORTE DE FUSIL DE L'ENNEMI

Belgrade, que le gouvernement serbe a vacue ds le lendemain de la
rupture provoque par l'Autriche-Hongrie.

Sur l'autre rive de la Save,  son confluent avec le Danube, la ville
hongroise de Semlin. Entre Semlin et la citadelle de Belgrade, le banc
de sable dit _Ile de la Guerre_.

  Belgrade et Semlin sont en guerre...
  ... Semlin est la plus querelleuse:
  Elle a toujours les premiers torts.
VICTOR HUGO, _Les Orientales_.]

[Illustration: Le double retour de Scandinavie de M..Poincar et de
l'empereur Guillaume II.]

[Illustration: De la gare du Nord  l'Elyse: une manifestation
patriotique derrire la voiture de M. Poincar.]

[Illustration: Le retour de M. Poincar:  la sortie de la gare du Nord,
le prsident salue la foule qui l'attendait.]

[Illustration: ADRIEN HBRARD, DIRECTEUR DU TEMPS _D'aprs un pastel
de MARCEL BASCHET_.]

[Illustration: LE VOYAGE DU PRSIDENT DE LA RPUBLIQUE EN RUSSIE

Avant la prire pour le tsar, au camp de Krasno-Slo: l'arrive de M.
Poincar  la tente impriale.

_Phot. Branger.--Voir l'article, page 95._]

[Illustration: La Tsaria au Camp de Krasno-Slo: l'Empereur reoit,
avant]

[Illustration: Le dfil des troupes

LES FTES MILITAIRES DE KRASNO-SLO EN L'HONNEUR DU PRSIDENT]

[Illustration: la prire du soir, les rapports des sergents de ses
compagnies.

_Phot. Branger._]

[Illustration: devant la tribune impriale.

DE LA RPUBLIQUE FRANAISE ET DU MINISTRE DES AFFAIRES TRANGRES

_Phot. Meurisse._]

[Illustration: UN RENFORT OPPORTUN: LE CROISEUR CUIRASS PARIS, MIS EN
SERVICE LE 1er AOT, PROCDANT A SES ESSAIS A FEUX POUSSS

_A la date mme d'apparition de ce numro, le 1er aot, deux admirables
bateaux, deux dreadnoughts de 23.000 tonnes, doivent prendre place dans
les rangs de notre flotte de guerre: ce sont le Paris et la France. On
peut dire que leur entre en service se produit  point nomm et sera
accueillie avec une vive satisfaction. Tandis que le dernier, comme
dbuts, vient de conduire en Russie le prsident de la Rpublique, son
frre, le Paris, achevait ses essais officiels dans la Mditerrane. La
magnifique photographie que nous reproduisons ici a t prise, le 25
juillet, au cours de ces essais, au moment o le navire donnait son
maximum de vitesse: essais  feux pousss de trois heures, disent
les ingnieurs essais  outrance, crit l'auteur du clich. Et c'est
vraiment un spectacle admirable. La mer n'est pas grosse. Une lgre
houle; des moutons, selon l'expression maritime. Cependant, le cuirass,
pouss d'un lan formidable par ses puissantes machines, soulve 
l'avant des vagues pareilles  des lames de tempte, et semble s'avancer
au milieu d'un nuage triomphal, comme on voit, dans les mythologies
peintes, un immortel descendre  quelque banquet divin ou se rvler
 des mortels confondus. Il est agrable d'ajouter que ces essais ont
donn les rsultats les meilleurs et les plus satisfaisants  tous
gards.]

[Illustration: Le tmoignage de Mme Gueydan. Me Labori et derrire lui
sa cliente, Mme Gueydan. M. Caillaux. _Dessin de L. SAEATTIER_]

[Illustration: Une discussion parlementaire aux assises. M. Ceccaldi. M.
Barthou. M. Caillaux. _Croquis de J. SIMONT._]

[Illustration: Les dmonstrations  la barre du Dr Doyen.--_Croquis de
L. BOMPARD._

Sur son propre plastron de chemise, il a marqu d'un point et d'un
trait noirs la place o deux des balles de Mme Caillaux ont atteint sa
victime.

Sur des silhouettes grandeur nature, il s'applique  dmontrer que les
blessures du directeur du _Figaro_ n'taient pas mortelles.

Ayant dpos sur la barre des tmoins son pardessus, marqu des mmes
trous que celui de Gaston Calmette, il va prendre des mesures...]

[Illustration: La riposte de M. Henry Bernstein  M. Caillaux. _Croquis
de L. BOMPARD_.]

[Illustration: Vue d'ensemble du prtoire pendant la dposition de M.
Henry Bernstein. _Photographie prise du box des jurs supplmentaires_.]

[Illustration: L'accusateur, Me Chenu.]

[Illustration: Le dfenseur Me Labori.

LES DEUX BATONNIERS, _par PAUL RENOUARD_.]

[Illustration: Aprs l'acquittement: Mme Caillaux. dans un lan spontan
et qui provoque la chute de son chapeau, embrasse son avocat.--_Croquis
de L. BOMPARD_.]

[Illustration: L'intervention de la police pour protger la sortie d'un
spculateur viennois  la baisse, M. Rosenberg, assig dans son box.

_Dessin de LON FAURET, d'aprs les croquis d'un tmoin oculaire_.]

[Illustration: L'escalier de la Bourse dgag pour la sortie de M.
Rosenberg.]

[Illustration: Le dpart du financier.

UN GRAVE INCIDENT A LA BOURSE DE PARIS _Phot. J. Clair-Guyot_.]

[Illustration: A la pouponnire de Rueil: son fondateur M. Cognacq,
entour de ses petits pensionnaires.]

[Illustration: Trois frres, fidles serviteurs de la France en Algrie,
dcors le mme jour.]

[Illustration: Trois frres, fidles serviteurs de la France en Algrie,
dcors le mme jour.]

[Illustration: La flotte allemande rpartie dans des fjords d]

[Illustration: de Norvge avant son retour dans la Baltique.]

[Illustration: Le 14 juillet,  l'hpital de Fez: le gnral Gouraud
dcorant les blesss des combats de Taza.--_Phot. du lieutenant Chruy,
bless lui-mme._]

[Illustration: L'Armeria Real de Madrid: l'armure de Philippe II
complte grce aux pices donnes par la France.]

LES CROQUIS DE LA SEMAINE, par Henriot.

[Illustration:--Tu avais des prix, papa, toi, quand tu tais petit!

--Tous!... Mon pre tait oblig d'acheter un petit ne pour m'aider 
les porter.]

[Illustration:--Il est sourd, votre oncle?

--Oui... mais pas tant que a... hier encore un coup de tonnerre a
branl la maison... il m'a rpondu Dieu vous bnisse!]

[Illustration:--Et l'argent que vous aurez dissimul, le fisc le
reprendra, aux hritiers.]

--Monsieur, c'est une perspective qui sera pour moi la plus douce des
consolations.]

[Illustration: L'impt sur le capital:

~ Moi j'ai hypothqu ma maison.

--Moi je n'ai pas de maison, mais j'ai emprunt 60.000 francs.

---Tout cela sera dduit de notre capital imposable... Qui fait des
dettes s'enrichit.]

[Illustration:--Ah! les mouches... les sales mouches!

--Mais, monsieur, elles sont aussi ennuyeuses pour moi que pour vous.

--Non, madame, non... Moi, je suis chauve!]



OCCIDENTALES

[Illustration: Son aeul Aloys, dit-on, Se croisa pour la Palestine...
Il fut occis prs de Sion. Un autre aeul fut  Bouvine, Portant le
royal fanion.]

[Illustration: On les vit partout dans l'histoire, Les anctres du beau
marquis, Tous pleins d'esprit ou pleins de gloire, Portant cuirasse ou
beaux habits; Plus d'un crivit ses mmoires.]

[Illustration: Il eut d'adorables grand'mres, Voyez les portraits
de La Tour... Hros de bataille ou d'amour, Les poux brillaient  la
guerre, Les femmes brillaient  la cour.]

[Illustration: O temps heureux de leur splendeur! O jours de fte
magnifique, O celui seul, dit la chronique, Qui vcut ce temps
enchanteur Connut de vivre la douceur!]

[Illustration: Du beau marquis fin dtestable... La libert prenant
son vol Fit du petit-fils le coupable... Le destin fut inexorable, Le
bourreau lui coupa le col.]

[Illustration: Son aeul, sous Louis-Philippe, Quitta, dit-on, son
municipe Et vint  Paris en sabots. Il tablit humble boutique, Pendant
mouchoirs et paletots.]

[Illustration: Grce  l'ordre,  l'conomie Du petit marchand limousin,
Sous l'effort de toute une vie, La boutique fut magasin... Et l'aisance
s'en est suivie...]

[Illustration: Le grand-pre, bon commerant, Eut un fils, trois filles
charmantes, Qu'il dota convenablement: Douze mille livres de rentes...
Le magasin doubla ses ventes...]

[Illustration: Le petit-fils, bourgeois tranquille, Passait pour riche,
assurment... Il avait une automobile, Un loyer de six mille francs, Une
campagne prs de la ville...]

[Illustration: Mais du bourgeois fin lamentable... Le socialisme
triomphant Dclara le riche coupable... Son cou ne valait pas le
diable... On ne lui prit que son argent.]



LA QUESTION DE L'UNIFORME

_L'ennui naquit un jour de l'uniforme t_.

[Illustration: Soit, monsieur le ministre, puisqu'il faut des uniformes
qui rendent  la guerre le soldat invisible, adoptons les costumes
couleur de muraille.]

[Illustration: Puisque toutes les nations ont adopt le gris bleut,
faisons comme elles.]

[Illustration: Ngligeons l'inconvnient qui en rsultera,  savoir que,
mme avec une bonne lorgnette, on ne saura pas si on a affaire  des
amis ou  des ennemis]

[Illustration: Et si ce qu'on aperoit l-bas est une motte de terre ou
un colonel, une route ou un bataillon]

[Illustration: Mais songez aussi, monsieur le ministre, que mes soldats
portent depuis quarante-quatre ans des uniformes qui n'ont pas t au
feu... (je ne parle pas des colonies).]

[Illustration: Il y a donc place  la fois dans la question de
l'uniforme pour l'esthtique et pour les inluctables ncessits.]

[Illustration: Le soldat ayant deux tenues, la premire pourrait tre la
tenue de paix et la seconde la tenue de guerre.]

[Illustration: Au fond, l'uniforme n'y fait rien... A l'inverse des
soldats du roi Bomba qui, habills en rouge, en bleu ou en vert,
f...ichaient le camp tout de mme.]

[Illustration: Nos soldats en haillons--comme en 92--en bonnets  poil
comme en 1807, en shako ou en kpi, en rouge ou en bleu, iront! toujours
en avant.]

[Illustration: Seulement, si en temps de guerre ils peuvent tre gris,
sombres, bleuts ou incolores... (tenue n 1)...]

[Illustration: donnez-leur la tenue n, 2 en temps de paix: des habits
lgants et souples, coquets et pimpants... vous avez le choix dans les
collections...]

[Illustration: Mousquetaires rouges, habits bleus de la guerre en
dentelles, grenadiers en bonnets  poil, troubades en kpi et en vieux
pantalon rouge. Celui de nos gloires et de nos malheurs]





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72e Anne, No 3727, by Various

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electronic work or group of works on different terms than are set
forth in this agreement, you must obtain permission in writing from
both the Project Gutenberg Literary Archive Foundation and Michael
Hart, the owner of the Project Gutenberg-tm trademark.  Contact the
Foundation as set forth in Section 3 below.

1.F.

1.F.1.  Project Gutenberg volunteers and employees expend considerable
effort to identify, do copyright research on, transcribe and proofread
public domain works in creating the Project Gutenberg-tm
collection.  Despite these efforts, Project Gutenberg-tm electronic
works, and the medium on which they may be stored, may contain
"Defects," such as, but not limited to, incomplete, inaccurate or
corrupt data, transcription errors, a copyright or other intellectual
property infringement, a defective or damaged disk or other medium, a
computer virus, or computer codes that damage or cannot be read by
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1.F.2.  LIMITED WARRANTY, DISCLAIMER OF DAMAGES - Except for the "Right
of Replacement or Refund" described in paragraph 1.F.3, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation, the owner of the Project
Gutenberg-tm trademark, and any other party distributing a Project
Gutenberg-tm electronic work under this agreement, disclaim all
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fees.  YOU AGREE THAT YOU HAVE NO REMEDIES FOR NEGLIGENCE, STRICT
LIABILITY, BREACH OF WARRANTY OR BREACH OF CONTRACT EXCEPT THOSE
PROVIDED IN PARAGRAPH F3.  YOU AGREE THAT THE FOUNDATION, THE
TRADEMARK OWNER, AND ANY DISTRIBUTOR UNDER THIS AGREEMENT WILL NOT BE
LIABLE TO YOU FOR ACTUAL, DIRECT, INDIRECT, CONSEQUENTIAL, PUNITIVE OR
INCIDENTAL DAMAGES EVEN IF YOU GIVE NOTICE OF THE POSSIBILITY OF SUCH
DAMAGE.

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written explanation to the person you received the work from.  If you
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your written explanation.  The person or entity that provided you with
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in paragraph 1.F.3, this work is provided to you 'AS-IS' WITH NO OTHER
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WARRANTIES OF MERCHANTIBILITY OR FITNESS FOR ANY PURPOSE.

1.F.5.  Some states do not allow disclaimers of certain implied
warranties or the exclusion or limitation of certain types of damages.
If any disclaimer or limitation set forth in this agreement violates the
law of the state applicable to this agreement, the agreement shall be
interpreted to make the maximum disclaimer or limitation permitted by
the applicable state law.  The invalidity or unenforceability of any
provision of this agreement shall not void the remaining provisions.

1.F.6.  INDEMNITY - You agree to indemnify and hold the Foundation, the
trademark owner, any agent or employee of the Foundation, anyone
providing copies of Project Gutenberg-tm electronic works in accordance
with this agreement, and any volunteers associated with the production,
promotion and distribution of Project Gutenberg-tm electronic works,
harmless from all liability, costs and expenses, including legal fees,
that arise directly or indirectly from any of the following which you do
or cause to occur: (a) distribution of this or any Project Gutenberg-tm
work, (b) alteration, modification, or additions or deletions to any
Project Gutenberg-tm work, and (c) any Defect you cause.


Section  2.  Information about the Mission of Project Gutenberg-tm

Project Gutenberg-tm is synonymous with the free distribution of
electronic works in formats readable by the widest variety of computers
including obsolete, old, middle-aged and new computers.  It exists
because of the efforts of hundreds of volunteers and donations from
people in all walks of life.

Volunteers and financial support to provide volunteers with the
assistance they need, is critical to reaching Project Gutenberg-tm's
goals and ensuring that the Project Gutenberg-tm collection will
remain freely available for generations to come.  In 2001, the Project
Gutenberg Literary Archive Foundation was created to provide a secure
and permanent future for Project Gutenberg-tm and future generations.
To learn more about the Project Gutenberg Literary Archive Foundation
and how your efforts and donations can help, see Sections 3 and 4
and the Foundation web page at http://www.pglaf.org.


Section 3.  Information about the Project Gutenberg Literary Archive
Foundation

The Project Gutenberg Literary Archive Foundation is a non profit
501(c)(3) educational corporation organized under the laws of the
state of Mississippi and granted tax exempt status by the Internal
Revenue Service.  The Foundation's EIN or federal tax identification
number is 64-6221541.  Its 501(c)(3) letter is posted at
http://pglaf.org/fundraising.  Contributions to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation are tax deductible to the full extent
permitted by U.S. federal laws and your state's laws.

The Foundation's principal office is located at 4557 Melan Dr. S.
Fairbanks, AK, 99712., but its volunteers and employees are scattered
throughout numerous locations.  Its business office is located at
809 North 1500 West, Salt Lake City, UT 84116, (801) 596-1887, email
business@pglaf.org.  Email contact links and up to date contact
information can be found at the Foundation's web site and official
page at http://pglaf.org

For additional contact information:
     Dr. Gregory B. Newby
     Chief Executive and Director
     gbnewby@pglaf.org


Section 4.  Information about Donations to the Project Gutenberg
Literary Archive Foundation

Project Gutenberg-tm depends upon and cannot survive without wide
spread public support and donations to carry out its mission of
increasing the number of public domain and licensed works that can be
freely distributed in machine readable form accessible by the widest
array of equipment including outdated equipment.  Many small donations
($1 to $5,000) are particularly important to maintaining tax exempt
status with the IRS.

The Foundation is committed to complying with the laws regulating
charities and charitable donations in all 50 states of the United
States.  Compliance requirements are not uniform and it takes a
considerable effort, much paperwork and many fees to meet and keep up
with these requirements.  We do not solicit donations in locations
where we have not received written confirmation of compliance.  To
SEND DONATIONS or determine the status of compliance for any
particular state visit http://pglaf.org

While we cannot and do not solicit contributions from states where we
have not met the solicitation requirements, we know of no prohibition
against accepting unsolicited donations from donors in such states who
approach us with offers to donate.

International donations are gratefully accepted, but we cannot make
any statements concerning tax treatment of donations received from
outside the United States.  U.S. laws alone swamp our small staff.

Please check the Project Gutenberg Web pages for current donation
methods and addresses.  Donations are accepted in a number of other
ways including including checks, online payments and credit card
donations.  To donate, please visit: http://pglaf.org/donate


Section 5.  General Information About Project Gutenberg-tm electronic
works.

Professor Michael S. Hart is the originator of the Project Gutenberg-tm
concept of a library of electronic works that could be freely shared
with anyone.  For thirty years, he produced and distributed Project
Gutenberg-tm eBooks with only a loose network of volunteer support.


Project Gutenberg-tm eBooks are often created from several printed
editions, all of which are confirmed as Public Domain in the U.S.
unless a copyright notice is included.  Thus, we do not necessarily
keep eBooks in compliance with any particular paper edition.


Most people start at our Web site which has the main PG search facility:

     http://www.gutenberg.net

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including how to make donations to the Project Gutenberg Literary
Archive Foundation, how to help produce our new eBooks, and how to
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